Un dispositif neurologique supprimerait le syndrome de la page blanche

Orianne Vialo - 09.06.2016

Edition - Société - D'os de sang et de douleur - John Marcus psychiatrie livre - livre psychiatrie domination


D’os, de sang et de douleur, le dernier ouvrage de John Marcus paru chez L'Autre Éditions sera en librairies à compter du 26 juin prochain. Celui qui se consacre depuis 2004 à l'écriture afin d’exploiter la part récréative de la littérature pour la mettre au service d’une forme d’éducation populaire, sort ainsi la dernière enquête de la série Delajoie (qui compte cinq tomes au total). Débutée en 2009, cette dernière a permis à l’auteur de fournir une critique sociale moderne, en s’appropriant l’aspect créatif de l’« essai romancé ».   

 

 

 

Après le succès mondial de sa déclinaison pédiatrique Sô MôM ™, la fondation Essentielle est heureuse d’annoncer la mise sur le marché d’Absolute ™, un dispositif neurologique de dernière génération destiné à améliorer et optimiser les capacités intellectuelles, voire créatrices, des femmes et des hommes de lettres.
  
Placée sous le patronage d’Apollon, dieux des Arts et de l’Inspiration, cette version perfectionnée du Summum™ permet désormais aux littérateurs et aux journalistes culturels d’accéder à un degré de performance cognitive et d’excellence scripturaire jamais égalées à ce jour, ayant pour conséquence une augmentation qualitative et quantitative de leur production littéraire (ou journalistique).
  
 Des études incontestables, menées en double aveugle par des laboratoires indépendants sur un échantillon de plus de 2653 écrivains et journalistes de catégorie AAA, ont prouvé que l’utilisation de cette version Absolute ™ du  Summum™ permettait, notamment :
  

  •  Une amélioration sensible de la structure narrative (35-38 %)
  •  Une optimisation de la syntaxe (22-34 %)
  •  Une meilleure compréhension de l’appareil sémantique (58 %)
  •  Une disparition du « syndrome de la page blanche » (98,5 %) 

 

Comment résister à une pareille présentation ? L’effort d’imagination est suffisamment intrigant pour que l’on aille à la rencontre de son auteur...

 

À la recherche de l'essai romancé

 

« Essayer de décrypter les faits sociaux et économiques tout en divertissant le lecteur, dépasser les apparences pour mettre en perspective les enjeux de pouvoir, les tentations de domination ainsi que les mécanismes mis en œuvre pour y parvenir ; vulgariser des processus complexes sans tomber dans le simplisme pour éviter la caricature. Bref, écrire des essais romancés pour ceux qui n’en lisent jamais, en espérant donner plaisamment à penser. » Voici comment John Marcus décrit sa série Delajoie sur son site internet.

 

D’os, de sang et de douleur pose la problématique « À quel moment faut-il s’arrêter ? », pour questionner le lecteur sur les limites concernant les traitements de la folie prodigués dans la société actuelle.

 

À l’image de ses précédents écrits, L’Éclat du diamant (L’Autre Édition, 2009), L’homme qui rêvait (L’Autre Édition, 2011), John Marcus a mis un point d’honneur à donner des pistes de réflexion au lecteur. Celles-ci leur permettent de comprendre au mieux les enjeux et questions soulevées par l’auteur. « Il manque encore deux tomes à la suite Delajoie [il s’agit d’une pentalogie, NdR] avant d’enterrer définitivement son équipe. Mais il est vrai que, chronologiquement, cet opus clôt la série et le destin de certains protagonistes », précise l'écrivain. 

 

Via les personnages récurrents de la série Delajoie, l’auteur a tenu à raconter l’histoire d’un neuropsychiatre retrouvé sauvagement assassiné dans une petite église de la Meuse. Ce dernier avait réussi à créer un procédé révolutionnaire, Le Summum, qui permet de moduler les neurotransmetteurs des individus souffrant de troubles mentaux. 

 

De longues documentations avant l'ouvrage

 

Dans un souci de rigueur, l’auteur se documente toujours énormément avant de débuter l’écriture d’un récit. « Pour disposer de jalons de départ assez solides, L’Histoire de la folie de Claude Quetel et la Nouvelle Histoire de la psychiatrie, sous la direction du même auteur, accompagné de son compère Jacques Postel, restent de solides balises chronologiques, d’une lecture fiable et agréable », écrit-il dans le chapitre Libre chemin bibliographique de son ouvrage D’os, de sang et de douleur. « J’essaie au maximum de m’inspirer de faits réels pour rendre mon histoire plus vivante, et surtout pour faire réaliser aux lecteurs que mes écrits ne sont pas uniquement fantaisistes », rappelle John Marcus.

 

 

 

Cet ouvrage d’ailleurs, il l’a écrit pour rendre hommage au philosophe français Michel Foucault, reconnu pour ses critiques des institutions sociales (notamment dans les domaines de la psychiatrie, de la médecine) ou encore ses théories concernant le pouvoir, ainsi que les relations complexes entre pouvoir et connaissance. 

 

« Ce 3e tome de la série Delajoie est plus abouti que les précédents. Je ne peux pas faire mieux dans ce genre d’essai romancé », constate John Marcus. « Il était important de remettre à plat les causes et conséquences de “l’éradication des anormaux”. Prenons l’exemple d’un enfant, qui n’agirait pas à l’identique de ses petits camarades. L’on aurait tendance à le pousser à consulter un psychologue ou un psychiatre, car il ne répond pas à la “norme”. Mais il faut avant tout savoir comment, pourquoi, et par qui cette “norme” a été fixée », précise l’auteur. 

 

Bien sûr, « la gestation [D’os, de sang et de douleur, NdR] a été très difficile puisqu’il m’a fallu beaucoup me documenter pour me rapprocher au plus de la réalité, mais je suis fier de ce laborieux travail de presque trois années, malgré ses imperfections. J’espère qu’il plaira tout autant, si ce n’est plus, aux lecteurs que les deux premiers tomes de la série Delajoie. J’écris pour être lu, je n’ai pas d’états d’âme à ce sujet ».