Un éditeur canadien fait scandale en rejetant l'idée de l'appropriation culturelle

Bouder Robin - 11.05.2017

Edition - International - magazine write canada - appropriation culturelle - writer's union of canada


Le magazine Write publié par la Writer's Union of Canada, vient de sortir son numéro de printemps 2017, et sa réputation en prend un sacré coup : l'édito fait scandale en niant toute idée d'appropriation culturelle...

 

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Drapeau canadien - abdallah from Montréal (CC BY 2.0)


« Je ne crois pas en l'appropriation culturelle ». D'emblée, le ton est donné. Et Hal Niedzviecki, éditeur du journal Write de la Writer's Union of Canada, ne s'arrête pas là. Dans son édito du numéro de printemps 2017, « The Writer's Prompt », il poursuit : « À mon avis, n'importe qui, n'importe où, devrait être encouragé à imaginer d'autres personnes, d'autres cultures, d'autres identités. »

 

Et visiblement, Niedzviecki estimait ne pas s'être assez enfoncé comme ça, puisqu'il conclut son texte par une déclaration étonnante : « J'irai même plus loin en disant qu'il devrait y avoir une récompense pour ça : le Prix de l'Appropriation, pour le meilleur livre traitant de personnes qui ne ressemblent pas à l'auteur. »

 

Les députés canadiens en colère, car Hiboux


Ce sont les États-Unis qui sont à l'origine de cette expression d' « appropriation culturelle », expression selon laquelle l'emprunt d'éléments d'une culture par une autre culture « dominante » serait irrespectueuse et constituerait une forme d'oppression... Ce que nie apparemment Niedzviecki. Un point de vue qui n'a pas manqué d'affoler les lecteurs du magazine.

 

L'Union vient de publier un communiqué de presse dans lequel elle s'excuse et affirme « regretter la douleur et l'offense causées ». Ses membres se disent également choqués de l'attitude de Niedzviecki, qui a préféré quitter son poste.

 

« L'intention de ce magazine est d'offrir une place à l'honnêteté, d'engager des débats et d'encourager absolument toutes les voix. L'Union reconnaît que l'intention ne suffit pas, et que nous avons échoué à la mettre en pratique à ce moment-là. »

 

Nikki Reimer, membre de la direction de l'Union, a elle aussi démissionné après le scandale. Elle précise sur son site être désolée de ne pas avoir relu le numéro avant impression... Une erreur qui va sûrement coûter cher à Write et sa popularité auprès des lecteurs canadiens.

Via le site de la Writer's Union of Canada