Un éditeur chinois vient s'implanter au Royaume-Uni

Clément Solym - 01.06.2012

Edition - International - Chine - Royaume-Uni - groupe d'édition


Chine et Royaume-Uni vont se rencontrer autour des livres, alors que la société basée à Jiangsu, Phoenix Publishing & Media (PPM), vient d'annoncer son intention, de diversifier ses offres, à direction du public britannique. Le groupe d'édition, ainsi que d'autres en Chine, exportera son catalogue d'ouvrages, pour s'offrir une dimension plus internationale.

 

Selon Liu Feng, directeur développement de PPM, le projet est bien d'élargir progressivement le champ d'action commercial, par le prisme culturel. « Le Royaume-Uni est un marché du livre important, et, naturellement, il comptait comme notre premier choix, quand nous avons décidé de choisir une destination outre-Mer pour installer notre business. » 

 

La société PPM International Ltd fera donc ses premiers pas dans la Tamise, avec notamment des programmes d'échanges d'auteurs, chinois et britanniques, pour que chacun puisse relater ses expériences de vie dans le pays de l'autre. Mais si le Royaume-Uni est le premier des territoires, d'autres pays d'Europe sont dans le viseur de PPM.

 

 

Chinese

 

 

À ce titre, la Grande-Bretagne servirait donc de premier laboratoire d'expérimentation, pour amorcer une expansion européenne. « C'est le plus grand exportateur de livres et le deuxième plus important exportateur de droits dans le monde. Plus de 40 % des revenus des éditeurs du Royaume-Uni proviennent des ventes à l'export, sans inclure les revenus sur les droits. C'est donc un excellent tremplin pour les marchés mondiaux », explique Paul Richardson, spécialiste de l'édition dans le royaume et ancien conseiller pour le China Book International. (via China Daily)

 

Cependant, les risques ne sont pas non plus à minimiser. Ainsi, il faut démarrer de zéro, pour installer toute la chaîne de commercialisation, et parvenir à trouver un créneau dans un marché aussi développé que celui de nos voisins d'outre-Manche relève de la gageure. Surtout que plusieurs groupes mènent la danse sur le secteur. 

 

Mais la question a déjà été abordée au préalable. En effet, en septembre 2011, la Chine passait un accord avec Amazon, pour commercialiser dans un premier temps, 50.000 ouvrages locaux, et 100.000 à terme, sous un an. Donc en septembre 2012. C'est la CIBTC, la China International Book Trading Corporation, qui s'est alliée avec Amazon. L'organisme dépend du gouvernement chinois et a pour mission de promouvoir les livres chinois à l'étranger. 50 % de la production nationale de livres, journaux et revues sont exportés par cette société. (voir notre actualitté

 

Pour la vente des ouvrages, certaines passerelles existent donc déjà, il suffirait alors de les agrandir. L'autre alternative pourrait passer par des accords qui lieraient PPM à une entreprise locale, pour profiter de la chaîne déjà mise en place. Dans ce contexte, la joint-venture deviendrait un outil simple et efficace de consolidation et d'assise. 

 

Mais Richardson envisage même que la société chinoise, et d'autres également, puisse opter plus rapidement encore pour le rachat de sociétés britanniques. « Je serais très étonné s'il n'y avait pas une annonce d'acquisition significative, concernant un éditeur du Royaume-Uni, au cours des deux prochaines années », assure-t-il. 

 

Deux ans… ça va, le pari n'est pas trop complexe.