Un éditeur chrétien retire de la vente un témoignage du paradis

Julien Helmlinger - 19.01.2015

Edition - International - Tyndale House - Expérience de mort imminente - Canular


Sur le site web de la maison d'édition chrétienne Tyndale House, le marketing fait autour d'un livre, The Boy Who Came Back From Heaven, vendait littéralement du rêve. Il ne s'agissait ni plus ni moins que d'« entendre la voix de dieu », en lisant le bouquin coécrit par un enfant de 12 ans, Alex Malarkey, paralysé après un accident de la route, et son paternel Kevin. Le titre évoque l'expérience de mort imminente que l'enfant aurait traversée pendant son coma, mais il a finalement avoué qu'il avait tout inventé. L'éditeur se repent et retire l'ouvrage de la vente.

 

 

 

 

L'éditeur de livres religieux aurait pourtant dû se souvenir du dicton voulant que les voix du seigneur soient impénétrables, que ce soit au format ebook ou papier. Alors âgé de six ans, Alex Malarkey a passé deux mois dans le coma à la suite d'un accident de voiture. Une fois éveillé, il a raconté avoir vu des anges et autres apparitions célestes. Un récit qu'il transformerait en bouquin avec l'aide de son père en 2010, et qui deviendrait best-seller, vendu à plus de 8 millions d'exemplaires.

 

Une partie du lectorat s'est peut-être laissée convaincre par le marketing de Tyndale House Publishing, qui vendait les prétendues visions du miraculé comme étant une histoire vraie, celle « des anges qui l'ont amené aux portes du paradis. De la musique étrange et effrayante qu'il a entendue et sonnait de manière terrible pour un enfant de six ans. Et de sa rencontre avec Jésus, avec qui il a parlé ». 

 

En avril dernier, les parents du jeune coauteur se sont séparés et sa mère a proclamé ses critiques envers le livre, sur la blogosphère. Elle tenait notamment à expliquer que son fils ne touchait aucun bénéfice du commerce qui en était fait. Seul le père était lié par le contrat avec Tyndale.

 

Désormais, Alex Malarkey est âgé de 16 ans. Sur le site Pulpit and Pen, il a avoué via une lettre ouverte aux librairies chrétiennes avoir tout inventé : « Je ne suis pas mort. Je n'ai pas été au paradis... J'ai dit que j'avais été au paradis pour attirer l'attention sur moi. Quand j'ai fait ces déclarations, je n'avais jamais lu la Bible. Les gens ont tiré profit de ces mensonges, et ils continuent de le faire... La Bible est la seule source de vérité. Tout ce qui est écrit par les hommes ne peut être infaillible. »

 

Si le jeune homme fait son mea culpa, reste encore à savoir s'il pense vraiment que La Bible a été rédigée par autre chose que des êtres humains. Quoi qu'il en soit, la maison d'édition américaine a décidé de retirer l'ouvrage de la vente. La presse locale en profite pour nous apprendre que le mot « malarkey », nom de famille des auteurs, est également un équivalent de « bullshit » en argot irlando-américain... 

 

Si les autres livres du genre n'ont pas forcément été désignés comme étant des canulars, divers ouvrages évoquant des expériences de mort imminente se sont hissés sur les listes de best-sellers aux États-Unis ces dernières années.