Gare à ce que tu laisses dans ta bibliothèque

Clément Solym - 02.07.2015

Edition - International - islam musulman - prison terrorisme - érudit étude


Le terrorisme est le mal du siècle. Un peu comme l’insulte de communiste en son temps, il conduit à tous les écueils, et surtout, justifie les comportements les plus erratiques. Un citoyen américain vient de vivre pleinement ce paradoxe : le gouvernement américain s’en est pris à lui pour fraude fiscale et possession illégale d’armes à feu. Il fut ainsi incarcéré en 2011... sur la seule base de ses lectures.

 

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Hussein Alazaat, CC BY 2.0

 

 

Marcus Dwayne Robertson, aussi connu sous le nom d’Abu Tawbah, est un érudit musulman, accusé de soutenir le terrorisme. Preuve que le monde est entré dans une période de Guerre Froide, Robertson a été incarcéré en 2011, pour une peine qui n’aurait dû conduire qu’à 10 mois de prison en réalité. 

 

C’est qu’en plus des charges qui ont été retenues, les procureurs ont choisi d’associer son nom au terme de terrorisme, en s’appuyant sur des preuves irréfutables.

 

En effet, Robertson avait rendu sa bibliothèque de livres libre d’accès et de consultation, et bon nombre d'ouvrages, en sa qualité d’érudit et spécialiste de l’islam, portaient sur des textes musulmans. 

 

L’ajout de terrorisme dans les charges aurait pu le conduire à voir sa peine augmentée de 19 années de réclusion, mais la cour qui vient de juger de son cas a écarté totalement toute idée de terrorisme. « Il n’est pas du tout étonnant pour un érudit musulman d’étudier, parmi d’autres, des textes d’intégristes musulmans », note la cour.

 

Mais surtout, aucune preuve n’a été apportée quant à la mise à disposition de ces ouvrages auprès du public, ni même qu’il soit lui-même sur une pente extrémiste. Et la cour de poursuivre que « la fraude fiscale relativement mineure de Robertson a pour but de mettre en exergue un crime fédéral de terrorisme ». Sauf que la justice n’aura pas été dupée.

 

« À aucun moment, le gouvernement n’a eu la preuve réelle qu’il préconisait le terrorisme, de sorte que les avocats ont tenté d’utiliser sa bibliothèque de livres comme un moyen de détourner son image, pour en faire un terroriste. Il a passé quatre ans de prison, deux années en isolement, au cours d’une procédure qui était tout à la fois sans fondement, et allait totalement à l’encontre du premier amendement. » (via First Look)

 

Rien que cela.