Un exemplaire de la première édition de Cent ans de solitude volé à Bogota

Clément Solym - 05.05.2015

Edition - International - Cent ans solitude - Gabriel Garcia Marquez - Bogota Foire livre


Macondo est en deuil. Non, Macondo a disparu, volée. Alors que Bogota, pour sa Foire du livre, a choisi de mettre à l'honneur la ville imaginaire de Gabriel Garcia Marquez dans Cent ans de solitude, un exemplaire de la première édition a été volé. Elle appartient au Colombien Alvaro Castillo Grenada, qui l'avait prêté pour une exposition, dans le cadre de la commémoration de la mort de l'auteur, voilà un an.

 

 

cent ans solitude première édition Garcia Marquez

 

 

Macondo, village magique et subjuguant, est au centre du roman qui a consacré immédiatement Garcia Marquez. Paru en 1967 chez un éditeur de Buenos Aires, Sudamericana Editorial, il fut tiré à 8000 exemplaires. La Cámara Colombiana del Libro et la police colombienne travaillent de concert pour tenter de trouver des pistes pour mettre la main sur l'ouvrage et son voleur. 

 

« L'exemplaire dérobé est inestimable, et ne pourra pas être vendu », se rassure Castillo. Libraire de profession, il avait remis plusieurs autres ouvrages pour alimenter l'exposition, et déposé une plainte. Le livre était exposé à la Bibliothèque nationale, dans la salle baptisée Macondo, justement.

 

« Nous avions deux gardiens et 20 fonctionnaires, ainsi que des dispositifs de contrôle. Les fenêtres étaient fermées », affirme David Roa, membre de l'association colombienne des librairies indépendantes. « Nous faisons tout notre possible pour que le livre revienne, mais, honnêtement, nous ne pouvons pas faire grand-chose. »

 

La Foire elle-même a diffusé un communiqué, dévoilant toute son impuissance. Car, si le livre est inestimable, certains s'y sont frottés, et envisagent qu'il puisse coûter près de 25 millions de pesos (près de 46.000 euros).

 

Pour l'instant, la police passe au crible les enregistrements des caméras de sécurité, et l'ensemble des éléments que les organisateurs ont pu fournir. Le livre était placé dans une armoire spéciale, sous verrous et surveillance, a priori, constante. 

 

Un très mauvais moment pour les organisateurs de la Foire : dans un pays où le taux de lecture est très faible, les éditeurs estiment que 60 % de leurs ventes s'effectuent au cours des deux semaines qui suivent la fin de la manifestation. (El Tiempo)