Un hommage à Raymond Hawkey tourne au plagiat

Clément Solym - 16.07.2012

Edition - Justice - hommage - copyright - Len Deighton


En 1962, The IPCRESS File marquait l'histoire littéraire : il s'agissait du premier roman d'un jeune auteur, Len Deighton, qui sera adapté trois ans plus tard pour l'écran, avec Michael Caine : autant dire que l'ouvrage rencontra un succès considérable. Dans les librairies, dans les gares, tout le monde reconnaissait la couverture du livre, conçue par Raymond Hawkey, promise au statut culte. Si bien qu'un demi-siècle plus tard, l'éditeur Birlinn a voulu aller de son petit hommage. Mal lui en a pris.



L'originale...

 

L'éditeur a confié la lourde tâche de mettre au point la couverture de Harry Lipkin, P.I., nouveau roman de Barry Fantoni, à James Hutcheson, un photographe et designer. Soit rendre hommage à une image reconnaissable entre toutes au Royaume-Uni, affectueusement désignée comme « une référence pour les romans d'aéroport ». Chacun jugera en son âme et conscience de la valeur de l'hommage, de l'inventivité et de la créativité mises en jeu.

 

Pour la veuve de Raymond Hawkey, Mary Hawkey, mais aussi Edward Milward-Oliver, biographe de Deighton, et bon nombre d'admirateurs de la couverture originale, l'affaire est toutefois pliée (ou pillée) : « Je ne peux pas vous dire à quel point je suis affligée en voyant une copie aussi évidente du travail de Ray. Il a toujours encouragé et aidé les jeunes designers, mais je crois qu'il aurait été consterné et affligé par un plagiat si éhonté », a déclaré Ms. Hawkey.


L'hommage / le plagiat, au choix


Feu son mari garde une aura considérable dans le monde de l'édition : en 65, pour l'édition poche de Thunderball, il a l'idée de génie d'écrire « James Bond » en énorme, au-dessus du titre et de l'auteur, Ian Fleming : le personnage-franchise est né. L'homme s'est illustré dans de nombreux journaux et magazines, du Daily Express à l'Observer.

 

Chez Birinn, on est désolé mais un peu choqué par tant de haine : « Nous avions simplement prévu une petite parodie. Nous n'avions pas imaginé avoir ce genre de problèmes. D'après moi, l'originale est une composition grandiose, mais la nôtre est un hommage valable. C'est drôle, et c'est le principal » explique Neville Moir, le directeur de la maison. Il a concédé que les premières pages de l'ouvrage auraient dû préciser les crédits de l'originale.