Un Jésuite découvre l'aversion de Pullman pour le christianisme

Clément Solym - 12.08.2010

Edition - Société - avrsion - christianisme - jesus


On les connaissait jadis pour leur proximité avec les pouvoirs en place. Ils jouent désormais aux critiques littéraires et surtout leur défense de la liberté de penser conformément à leurs idées. Un ingénu jésuite a en effet cru bon d'évoquer le livre de Philipp Pulman, estimant que le romancier mène une guerre contre le christianisme.

Pour le moment, le Père Gerald O'Collins, auteur d'une cinquantaine de livres de théologie n'a pas parlé d'excommunier l'intéressé. Mais sait-on jamais : après tout depuis plus de 30 ans, il enseigne à l'université grégorienne de Rome et prépare un nouveau bouquin en réponse à celui de Philip.

Puisque Jésus n'est pas en mesure de répondre aux assertions diffamantes du romancier, le Père s'est décidé à prendre la défense du fils de Dieu. Un fait que Pullman remet d'ailleurs gentiment en question dans son ouvrage. À se demander s'il s'est servi de l'histoire du Christ « pour déclarer la guerre au christianisme ».

Pas vraiment la première fois que Philip se fait taper sur les doigts : en mars, pour la sortie du livre, il avait reçu des lettres lui promettant les flammes de l'Enfer et la damnation éternelle. « Les auteurs de ces lettres disent en substance que je suis un méchant homme qui mérite d'être puni en enfer. Heureusement qu'il n'est pas en leur pouvoir de faire quelque chose pour m'envoyer là-bas », expliquait l'auteur.

Alors, Philip pratique-t-il la désinformation ? « Son aversion pour la religion institutionnelle est bien documentée dans His Dark Materials », nuance le prêtre, mais ce qu'il a fait en inventant un frère jumeau à Jésus, c'est tout simplement de la diffamation. Et c'est pas vrai. D'abord. On a le droit de fictionnaliser la vie de ces personnages religieux - le Père Gerald avoue même avoir apprécié Anne Rice. Mais Pullman, ce n'est pas de la fiction historique. Son imagination est extraordinaire, certes, mais comme il ne se conforme pas à la vérité dogmatique, forcément, ça coince...

Et le tout pour aller évidemment dans le sens de sa vérité, de son idéologie. Ce qui est mal. Très mal. Pas de soucis : Philip ira en Enfer. En éliminant le message primordial du Christ - la miséricorde inconditionnelle de Dieu, incarné en son fils, il finira par pousser des lecteurs à se demander si Pullman n'est pas le Scélérat.

Que l'on se rassure toutefois : hormis cet allumé, personne n'a mal accueilli le livre de Pullman.