Un libraire pour présider la Commission européenne, Martin Schulz

Nicolas Gary - 18.03.2014

Edition - International - Martin Schulz - Commission européenne - présidence


Il est actuellement président du Parlement européen, et pourrait tout à fait devenir, à compter de novembre prochain, le président de la Commission européenne. Martin Schulz, citoyen allemand, est en campagne, comme d'autres candidats aujourd'hui, avec pour vocation « d'essayer de redresser l'Europe ». Membre du parti social-démocrate, outre-Rhin, il est entré au Parlement européen en 1994 et occupe, depuis 2012, le poste de Président du Parlement. 

 

 

Martin Schulz, President of the European Parliament

EU Social, CC BY NC-ND 2.0

 

 

Selon les regards que l'on porte aujourd'hui sur la Commission européenne, « les rats quittent le navire », ou « chacun fait ses bagages pour se recaser », nous raconte un observateur. C'est qu'avec les élections qui s'organisent, et la fermeture prochaine du Parlement, prévue pour le mois d'avril, de profonds changements se préfigurent. « Rien ne se passera désormais avant que la prochaine commission ne soit mise en place », autrement dit, silence radio européen jusqu'a novembre 2014, avec une reprise des activités à n'envisager qu'en janvier 2015.

 

La candidature de Martin Schulz intéresse cependant vivement l'interprofession du livre. L'homme qui voulait devenir footballeur - une carrière avortée à cause d'une vilaine blessure - a en effet une certaine connaissance du monde du livre. Entre 1975 et 1977, il a suivi une formation pour devenir libraire. Et durant les cinq années qui suivirent, il travailla dans diverses maisons d'édition, mais également en librairies… avant de fonder la sienne, en 1982. Le site du Parlement présente cette brève biographie de bibliophile.

Après ses études secondaires, il décide d'essayer de vivre de sa passion pour les livres et suit une formation de libraire. En 1982, il ouvre sa propre librairie à Würselen, qu'il gère avec succès pendant 12 ans.

Il fut copropriétaire de la librairie Würselen jusqu'en 1994 - alors qu'il gérait en parallèle un mandat d'élu au conseil municipal de Würselener, jusqu'en 1998. Ancien libraire, donc, et désormais candidat particulièrement intéressant. 

 

« On observe actuellement une montée - très problématique, d'ailleurs - des partis populistes, qui ont le vent en Europe. Ne se le cachons pas : c'est de l'extrême droite dont on parle. Or, si ces partis grignotent des voix, cela se fera, comme c'est toujours le cas, au détriment des partis de centre droit. Autrement dit, en observant une série d'hypothèses, qui ressemblent à de très fortes probabilités, on aurait alors une victoire des démocrates de centre gauche », poursuit l'observateur européen, contacté par ActuaLitté.

 

Or, le traité de Lisbonne, de décembre 2007, donne au Conseil européen de choisir, pour la Commission, le candidat à majorité qualifiée. Autrement dit, et pour simplifier, serait président de la CE le candidat qui aura gagné les élections. Martin Schulz n'est pas le seul en lice, puisque le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker est également candidat, cette fois pour le centre droit. « Mais en l'état actuel des choses, effectivement, on pourrait s'attendre à ce que la Commission dispose d'un ancien libraire comme futur président. »

 

La succession de José-Manuel Barroso promet d'être intéressante. « Ma première priorité comme président de la Commission sera l'emploi. Je veux réduire le fossé entre les riches et les pauvres, entre les grands pays et les petits pays », expliquait Martin Schulz suite au scrutin de début mars. Et de rappeler ses origines « libraire, maire d'une petite ville et issu d'une famille modeste ». Chose intéressante, parmi ses objectifs, « Une Europe économiquement dynamique, une Europe qui investit dans l'avenir ». Mais nous y reviendrons.