“Un livre a le même prix partout” : les libraires défendent le prix unique

Nicolas Gary - 30.06.2019

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RNL19 – Conçue pour protéger les marges des éditeurs, anxieux de voir la Fnac pratiquer d’importants rabais, la loi dite Lang, du 10 août 1981 a eu pour conséquence de protéger la librairie de toute concurrence par les prix. La loi relative au prix du livre, ou prix unique du livre, permet aux éditeurs de fixer le tarif de vente public, auquel tous les revendeurs se soumettent donc. En somme, un livre est vendu partout en France au même prix.

Librairie l'Acacia (Paris)
Librairie l'Acacia (Paris) - ActuaLitté CC BY SA 2.0
 

C’est l’un des axes majeurs des Rencontres nationales de la librairie qui s’ouvrent ce 30 juin à Marseille. En effet, à l’initiative du Syndicat de la librairie française qui les organise, est initiée une campagne de communication pour rappeler l’existence d’un prix unique. 

« Acquis pour les professionnels du livre mais pas pour le grand public, il est nécessaire de rappeler que le livre a un prix unique partout et n’est pas moins cher sur Amazon qui brouille le message avec une proposition de livres d’occasion, d’autoédition, d’abonnements numériques... », indique le dossier de presse des RNL19.



 
Bien, évidemment, la présentation est une fois encore un peu ramassée : Amazon n’est pas le seul acteur à proposer de l’autopublication (et non autoédition, terme toujours employé à mauvais escient) de même que l’Américain n’a pas le monopole des abonnements numériques. D’autres sociétés, y compris françaises, en proposent un modèle, pour le livre et même la bande dessinée. 
 
« Tous les modes de création ou de diffusion de livres poussés par Amazon échappent, de fait ou de droit, au prix unique du livre, l’occasion, le livre audio, les abonnements numériques et l’autoédition. Ce n’est pas un hasard et cela devrait nous faire réagir, professionnels comme politiques et parlementaires », expliquait-il à l’AFP, voilà peu.

L'occasion qui fait le larron

L’un de ces volets de concurrence comme le souligne le président du SLF s’exerce en effet dans la vente d’occasion, où les cybermarchands ont méticuleusement pris le temps de brouiller les messages — et Amazon n’est pas le seul à blâmer dans ce cas, pour une fois. En 2017, une charte de bonne conduite était signée entre différents opérateurs, pour garantir un respect global du prix unique.

En présentant un ouvrage « comme neuf » vendu à un prix inférieur à celui fixé par l’éditeur s’installe une trahison de la législation — et le consommateur ne saurait plus vraiment ce qu’il achète, plaidait alors le SLF. Sauf que ce comme neuf dissimule en réalité un livre vendu d’occasion qui se cache un peu. Une distorsion de vocabulaire, qui permet de créer la confusion.

Et le Médiateur du livre, qui a été saisi pour introduire une modification dans la loi de 1981, avec une proposition contraignant Amazon à respecter le prix unique, n’aurait toujours pas donné suite. Et de toute manière, les choses ne sont pas aussi simples : croire que le consommateur ne sait pas ce qu’il achète n’est pas vraiment rendre honneur à son intelligence. Quand il veut faire des économies, il se donne les moyens de trouver où acheter le moins cher possible. 



 
Un éditeur jeunesse avait par ailleurs mis en exergue qu’Amazon vendait les livres que les librairies n’avaient pas à disposition — et qu’en somme, face à une certaine frilosité, c’était le vendeur en ligne qui remportait la mise. En somme, si le client ne trouve pas ou n'est pas guidé par le libraire, il se rabat sur la vente en ligne.

Reste que sensibiliser les internautes, lecteurs, grands ou petits, et tous ceux qui aiment la lecture et achètent des livres, au fait que les livres neufs – pas les occasions présentées comme neufs – ont le même prix sur les sites de vente, dans les librairies, les enseignes ou les supermarchés, prendra encore du temps. Pour cette raison, la campagne de communication démarrée en ce jour d'ouverture des Rencontres aura fort à faire, en se déployant dans le monde réel, autant que sur les réseaux sociaux.

Régulièrement, en France, les organisations professionnelles, au niveau national ou local, tentent de rappeler l'existence du prix unique du livre, dans des messages à destination du public.
 



Commentaires
J’achète mes livres numériques en Anglais donc hors prix unique et bien je peux l'affirmer c'est bien mieux pour mon porte-monnaie sans le PU.
Mieux pour le porte-monnaie, oui, mais pour la diversité littéraire ? La loi Lang ne protège pas que les librairies indépendantes, elle protège aussi tous les éditeurs et auteurs de taille moyenne qui ont justement besoin de ces librairies pour survivre, car ils n'ont pas leur place dans les grandes chaînes.
Bonjour,

je suis abonné a cette lettre depuis un petit moment.

H

ors il ne semble pas que les editeurs français se preoccupent beaucoup des revenus des auteur(e)s. Sauf quand il faut monter au crénaux pour defendre les droits et rentes des editeurs. (il semble qu'ont parle des auteur(e)s à ce moment là uniquement pour decorer le message... )



Vous n'avez pas crié non plus au scandale lors de la confiscation des livres libres de droits fournis par la BNF qui nous interdisent ? de quel droit ? d'utiliser les fichier pdf de gallica pour une eventuelle nouvelle publication. je n'ai pas l'intention de refaire des publication mais cette appropriation du bien commun est une demarche constante et préoccupante dans plusieurs domaines (musée y compris)



Les editeurs ne sont pas non plus monté au crénaux lors de l'affaire du fichier RELIRE.



Idem pour le pillage des livres sans droit qui vont etre numerisés "très probablements avec les fonds publics" pour être ensuite "donnéés" au editeurs assortis de nouveaux a des droits d'éditeurs pour dix ans (version numérique et papier) arretez moi si je me trompe!

180 000 ouvrages etaient concerné si j'ai bien compris. autant dire l'ensemble des oeuvres importantes et faisant le fond de commerce des editeurs.



Ceci etant dit j'achète mes livres chez un libraire. quand ils sont disponible. car les editeurs doivent egalement s'engager a fournir un ouvrage qu'ils ont sous leur droit... Mais combien de fois le tirage est epuisé et sans espoir de réedition a l'horizon ?



vous defendez vos droits bec griffes et ongles mais vous n'assumez pas aussi bien vos devoirs a ce qu'il me semble...



Cordialement
En fait vous êtes juste jaloux et vous avez peur aussi : vous vous croyiez à l'abri de toute concurrence en vous barricadant dans votre tour imprenable du prix unique du livre sous couvert d'exception culturelle... mais non, un p'tit malin a trouvé la faille et commence à vous manger de l'intérieur... après tout, vous n'avez que la monnaie de votre pièce. Tel est pris qui croyait prendre. Finalement la morale est sauve : A la fin c'est toujours le plus vorace qui l'emporte...
Concernant ces fameux rabais de la Fnac, si une bonne âme pouvait justement m'expliquer comment la Fnac a légalement le droit de vendre ses livres en promotion comme il le fait en période de soldes, et ce malgré le prix unique de la loi Lang, je suis preneuse de toute explication ! cool hmm cool hmm
Peut-être n'avez-vous pas remarqué que les parutions récentes ne font pas partie de ces promotions...C'est parce que la loi Lang autorise à solder un livre qui a plus de deux ans d'édition ET plus de six mois de présence sur le stock du magasin concerné. Toute librairie, qu'elle soit indépendante ou non, est soumise à cette loi. Voilà pourquoi la Fnac (comme toute autre librairie) a le droit de solder certains livres.
C'est exactement ce que je voulais savoir ! Merci pour ces explications claires et limpides smile
Bonjour,

Je comprends mieux pour les livres « soldés ». En revanche, je ne comprends pas comment & pourquoi la Fnac peut proposer une remise adhérent permanente de -5% sur tous les livres malgré cette loi de prix unique ? Par avance merci !
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