Un livre de coloriage anti-Daesh disparaît de la vente chez Amazon

Clément Solym - 23.09.2016

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Petite maison spécialisée dans les livres de coloriage, Big Coloring Books accuse Amazon de violer le Premier amendement de la Constitution. En effet, le cybermarchand a retiré de la vente un ouvrage anti-Daesh. Isis, a culture of evil, n’a pas sa place dans la boutique de Jeff Bezos...

 

 

 

Scandalisé. Wayne Bell, patron de Big Coloring Books, située à Clayton, n’en revient pas. Amazon, en refusant de vendre son ouvrage de coloriage, et dont les vertus pédagogiques sont tout à fait louables, viole le Premier amendement. Et ses droits, en tant qu’éditeur. « Amazon a cédé aux pressions des terroristes islamistes radicaux qui, je pense, ont attaqué et boycotté la compagnie, à travers le monde entier », assure-t-il à la presse.

 

Dans un courriel des plus communs, l’éditeur s’est en effet vu signaler que le livre produit contrevient aux règles de ventes. À ce titre, il est tout bonnement dégagé, ainsi que la firme s’en réserve le droit.

 

Mais Wayne Bell proteste : il a coécrit l’ouvrage avec deux musulmans, pour justement dénoncer l’idéologie véhiculée par Daesh et ses atrocités. Il souligne qu’à aucun moment, il n’est vecteur d’amalgame – notamment parce qu’il montre comment colorier des musulmans qui luttent contre Isis/Daesh.

 

Livre censuré, pourtant, purement et simplement. « Ils l’ont interdit parce qu’il est très violent. C’est un livre pour les adultes, pas pour les enfants. Il y a des décapitations dedans, il montre ce qu’ils font aux homosexuels : ils les lancent depuis les toits. »

 

Oui, la couverture devrait d’ores et déjà alerter sur le fait que l’on ne confie pas le livre à n’importe quelles mains...

 

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Or, l’affaire a aussi eu pour conséquence de faire un trou dans sa trésorerie, puisqu’Amazon a longuement tardé à lui reverser le montant des ventes. Durant plusieurs mois, les sommes furent conservées, et les livres lui ont été renvoyés dans des sacs plastiques noirs. 

 

Les quelques illustrations qui suivent donnent aussi le ton. Mais l’ouvrage a aussi fait jaser : en dépit de son avertissement parental et de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans, les lecteurs sont assez dubitatifs sur les méthodes de l’éditeur. 

 

Ce dernier a par ailleurs fait paraître d’autres ouvrages, toujours dans une logique de haine et de violence, We Shall Never Forget 9/11 et sa suite, The True Faces of Evil -- Terror. Ils exprimaient déjà une certaine idée de ce que la lutte contre le terrorisme implique pour le bonhomme...

 

 

 

via Saint Louis