Un livre de Geoffrey Chaucer cachait un poème érotique du XVIe siècle

Clément Solym - 16.12.2011

Edition - International - Chaucer - poème - érotique


C'est l'histoire d'un livre qui allait raconter une nouvelle histoire. Dans la bibliothèque de l'université West Viriginia, c'est un poème érotique écrit par Lady Elizabeth Dacre et datant du XVIe siècle qui vient d'être découvert. Pas tout à fait n'importe comment.

 

La professeur Elaine Treharne, de l'université de Floride est tombée, en feuilletant un ouvrage de Chaucer, sur ce poème en latin, que la Dame avait adressé à Sir Anthony Cooke, un protestant qui fut le tuteur du roi Edouard VI, fils de Henri III et décédé à l'âge de 15 ans. Datant des années 1550-1560, sa rédaction s'ancre dans une période de troubles politiques de l'Angleterre, autour, justement, de questions religieuses.

 

 

Quand on dit ‘érotique', il ne faut pas non plus s'attendre à des choses bien lascives : il s'agit plutôt d'un texte qui évoque une histoire d'amour, qui sera publié dans le prochain numéro de la revue Renaissance Studies. 

 

The goodbye I tried to speak but could not utter with my tongue 

by my eyes I delivered back to yours. 

That sad love that haunts the countenance in parting 

contained the voice that I concealed from display, 

just as Penelope, when her husband Ulysses was present, 

was speechless – the reason is that sweet love of a gaze ...

 

Difficile de savoir cependant si les faits évoqués dans le poème sont authentiques. « C'est un très beau texte, et je pense que pour elle, il fut un objet précieux, parce qu'il a été soigneusement recopié et préservé », assure Elaine Treharne. 

 

Leur amour aura été impossible, puisque d'un côté Cooke était lui-même marié, et que la petite Elizabeth, épousa Thomas Howard, duc de Norfolk, peu après le décès de son époux, le baron Dacre. Des alliances politiques bien éloignées des jeux amoureux, pour consolider les biens terriens, et pas vraiment exacerber le sentiment amoureux. 

 

Cependant, l'amateur d'évocation pourra toujours retrouver dans ce vers une allusion pour le moins audacieuse

 

Long enough am I now; but if your shape should swell under its grateful burden, then shall I become to you a narrow girdle.


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