Un livre plagié, parce que l'auteur n'avait pas confiance en lui, devenu best-seller

Clément Solym - 15.11.2011

Edition - Les maisons - plagiat - confiance - écrire


Si l'on se fait prendre la main dans le pot à cookies, la moindre des choses, c'est de donner une explication. Laquelle a plutôt intérêt à être solide. Pour Quentin Rowan, auteur de Assassin of secrets, la situation se compliquait légèrement...

 

En effet, accusé d'avoir ouvertement plagié, l'auteur réalisait des ventes de folies depuis le net, où les commandes ne cessaient d'affluer, avait confirmé son éditeur.

 

L'intéressé s'est ainsi fendu de quelques commentaires, pour justifier, autant que faire se pouvait, son geste, dans Debrief

 

 

Dans un email, adressé au responsable du site, il tente de faire valoir qu'après l'achat du livre par l'éditeur, il a dû opérer un grand nombre de modifications. Au point de presque tout réécrire. « Je ne me sentais pas capable de développer des scènes et des situations dans le temps qui m'était imparti. Et plutôt que d'avouer que je ne le pouvais pas, ou que j'en étais incapable, j'ai commencé à faire quelques nouveaux vols. »

 

De fait, il avoue par ailleurs n'en être pas à son coup d'essai en matière de plagiat. Il avait été sélectionné pour le concours The Best American Poetry en 1996, mais n'a jamais considéré qu'il était bon suite à ce prix. Au contraire, même. Et dès lors, il a commencé à introduire des mots d'autres auteurs, et des expressions, voire des phrases, « pensant qu'ils sonnaient mieux ou plus intelligemment que les miennes ».

 

C'est ainsi qu'ont eu lieu les emprunts pour Assassin of Secrets, comme il l'avait commencé voilà des années. Quelque chose d'amusant, au départ, avec une certaine dose de parodie, mais lorsque des agents ont présenté le manuscrit à des éditeurs, Rowan a douté furieusement de son propre style, et décidé de remettre des éléments appartenant à d'autres auteurs, pour donner plus de consistances à son livre.

 

« Dès que je sens que j'écris pour un autre regard que le mien, je commence à voler [des textes] parce que je veux impressionner. »

 

C'est tellement attendrissant.

 

Mais c'est du plagiat tout de même.