Un livre refusé par une librairie évangélique... pour un "vagin"

Clément Solym - 17.10.2012

Edition - International - Rachel Held Evans - A year of biblical womanhood - Censure


Une auteure évangélique s'est plaint que son livre, A year of biblical womanhood, s'est vu refuser les étagères d'une chaîne de livre américaine pour le seul motif d'avoir mentionné le mot vagin. Le second livre de Rachel Held Evans est pourtant un témoignage sur ses années passées pieusement à appliquer les instructions maritales de la bible, à la lettre. Une histoire caverneuse rapportée par The Guardian.

 

 

 

 

 

Le mot tabou fait deux apparitions au cours du récit, la première occurrence au cours d'une description du viol d'une adolescente congolaise, et la récidive dans le cadre des confessions de l'auteure au sujet de sa décision prise à l'âge de 15 ans et qui consistait à vivre dans l'abstinence sexuelle.

 

« J'ai utilisé le dossier de ma chaise en métal pour y griffonner mon nom sur la ligne pointillé avant de marcher à l'avant de la salle pour déclamer ma promesse à Dieu et à mon vagin sur un tableau de liège géant afin que tous puissent le voir. »

 

L'auteure s'est alors offusquée sur son blog, et a trouvé depuis de nombreux soutiens à sa cause, parmi lesquels une pétition sur le site d'Amazon. La date de la publication du livre, fixée au 30 octobre, approche à grands pas. Et les 160 boutiques américaines de LifeWay ont pour l'heure décidé de ne pas distribuer A year of biblical womanhood.

 

L'écrivaine a alors blogué : « Je suis déçue, bien sûr, et pas seulement parce que je vais subir un coup dans les ventes. Pendant que LifeWay a certainement tous ses droits de choisir son propre inventaire, je pense que la notion voulant que les chrétiens doivent danser prudemment autour de la réalité, que nous devrions parler par euphémismes et ne conter que les histoires confortables et aseptisées, est une des causes destructrices qui ont profondément affecté la culture évangélique dans son ensemble. »

 

Un porte-parole de la chaîne de librairies, pointant les faibles résultats commerciaux du premier ouvrage d'Evans, a confié au magazine Slate : « Nous sélectionnons les ressources qui correspondent aux attentes de nos clients, basées sur plusieurs critères, incluant les choses comme l'alignement avec les croyances évangéliques, les valeurs et la vision de LifeWay, et les ventes précédentes des auteurs. [...] Il y a beaucoup d'endroits où vendre des livres, et LifeWay n'est pas la seule enseigne. »