Un manuel par matière et par niveau : L'Afrique du Sud inquiète l'édition

Antoine Oury - 21.11.2014

Edition - Les maisons - International Publishers - Association Afrique du Sud - éditeurs scolaires


Le gouvernement sud-africain a révélé une de ses intentions vis-à-vis du matériel pédagogique validé par ses services. Jusqu'à présent, 8 manuels scolaires par matière et par niveau pouvaient bénéficier du label de l'État, mais la ministre de l'Éducation Primaire, Angie Motshekga, a reçu une proposition qui pourrait réduire ce nombre à un seul et unique manuel, par matière et niveau.

 


At the school

Une école en Afrique du Sud (Jochem Koole, CC BY 2.0)

 

 

21 organisations d'auteurs, de professeurs et d'éditeurs, soutenues par l'Association internationale des éditeurs, ont envoyé une lettre à la ministre de l'Éducation pour l'alerter sur les implications de cette mesure, surnommée « la politique du manuel unique ». Kate McCallum, ancienne présidente de l'association des éditeurs sud-africain, évoque une situation « à quelques pas de la censure ».

 

« Un arc-en-ciel ne se fait pas avec une seule couleur », poursuit-elle, « et un seul manuel ne permettra pas de couvrir les différents besoins des élèves sud-africains. L'expérience internationale montre qu'un environnement où plusieurs textes sont disponibles permet une pédagogie plus riche. » D'autant plus que l'édition scolaire pèse pour 66 % du chiffre d'affaires annuel de l'édition (2,8 millions de rands, soit 200.000 €), en Afrique du Sud, et qu'une telle mesure mettrait en difficulté un certain nombre de maisons.

 

L'entrée en vigueur de la politique du manuel unique réduirait le nombre d'éditeurs scolaires par 10, d'une trentaine à deux ou trois, prévient Kate McCallum. Les auteurs, eux, ne seraient plus que 150 survivants, contre 12.000 contributeurs actuellement.

 

Au départ, l'intention du gouvernement, avec cette mesure, était de réduire les inégalités entre des élèves d'établissements scolaires disposant de moyens divers et d'infrastructures différentes. L'organisation nationale professionnelle des instituteurs s'est également opposée à cette proposition du gouvernement.