Un manuscrit de Copernic retrouvé parmi des livres brûlés

Julien Helmlinger - 04.09.2014

Edition - International - Nicolas Copernic - Manuscrit du XVIe siècle - Héliocentrisme


Le 2 septembre 2004, à Weimar, un incendie ravagea la bibliothèque Anna Amalia. La catastrophe causa la perte de 50.000 ouvrages, dont un quart fut jugé irremplaçable, et des peintures, tandis que des dizaines de milliers autres livres furent endommagés. Depuis l'on croyait perdu un livre de Nicolas Copernic, De Revolutionibus Orbium Coelestium, publié en 1543, mais celui-ci a été redécouvert pendant les travaux de restauration.

 

 

 

 

Voilà dix ans les pertes au sein de cette historique collection de manuscrits, que Goethe lui-même avait gérée pendant des années, furent énormes. Le processus de traitement et de restauration des livres se fait depuis, lot après lot. Et c'est dans le quatrième, celui qui contenait les ouvrages les plus endommagés, se trouvait le précieux rescapé.

 

Le sixième livre de De Revolutionibus Orbium Coelestium, par l'astronome Nicolas Copernic, un ouvrage précurseur de l'héliocentrisme, avait été classifié dans la base de données des restaurateurs comme étant « probablement perdu ».

 

Pour le directeur de la bibliothèque, Michael Knoche, la découverte est d'une grande importance. Car il s'agit de la première édition imprimée du titre, dans lequel Nicolas Copernic présentait sa théorie qui révolutionnerait la vision du monde en contredisant l'Église romaine. À savoir que la Terre tourne sur son propre axe et fait partie d'un système tournant autour du Soleil. 

 

Il existerait encore aujourd'hui plusieurs copies de cette édition, œuvre achevée l'année du décès de Copernic, dont le caractère précieux est renforcé par les commentaires divergents que l'on peut trouver dans chacune d'entre elles. Une de ces éditions a ainsi été acquise lors d'une vente aux enchères new-yorkaise, en 2008, pour la somme de 1,4 million d'euros.

 

La bibliothèque a rouvert ses portes en 2007, mais la restauration devrait se poursuivre encore une quinzaine d'années selon les estimations.