Un manuscrit rare de Jaurès demeurera dans le Tarn

Clément Solym - 30.05.2012

Edition - Economie - Jean Jaurès - enchères - conseil général


Le ministère de la Culture vient de donner son appui au conseil général, pour qu'un ouvrage de Jean Jaurès soit sauvé de la vente à des particuliers, et ne disparaisse donc de la circulation. Les archives départementales du Tarn vont en effet pouvoir profiter de cet ouvrage, qui coûtera 178.000 €, pour moitié payés par le ministère de la Culture.

 

C'est un texte fondateur pour le parti socialiste, que cet ouvrage de Jaurès et que possédait jusqu'à lors une famille d'Albi. Celle-ci avait confié aux soins de commissaires priseurs de Toulouse de mettre aux enchères le livre, qui a finalement été préempté par le ministère. 

 

En tout, 121 pages écrites à la main, qui servit à la rédaction du discours de 1908, prononcé à Toulouse, à l'occasion du congrès de la Section française de l'internationale ouvrière. Jaurès lui-même avait conservé précieusement ce livre, avant de l'offrir à une famille du Tarn, qui l'avait conservé depuis toutes ces années - Jaurès est décédé en 1914 et fut député du Tarn. 

 

 

 

Un document essentiel dans la vie des socialistes d'alors et d'aujourd'hui, qui été estimé entre 150 et 200.000 € pour l'occasion de la vente, qui devait se dérouler le 25 mars. « Dans son contenu, la déclaration de Jean Jaurès n'est pas un scoop, puisque les textes sont parus à l'époque. En soi, on n'apprend rien. Ce qui nous intéresse, porte sur la valeur sentimentale du manuscrit.Mais on ne pourra pas le récupérer, car il n'entre pas dans nos prix » regrettait alors Hugues Vial, directeur du centre national et musée Jean Jaurès. 

 

À ce moment, le ministère de la Culture n'avait pas encore réagi à l'annonce de la vente. 

 

Alors que le montant de l'enchère n'avait pas atteint ce que la famille souhaitait en retirer, le livre avait alors été retiré de la vente, et ce n'est que par la suite qu'un des commissaires priseurs était parvenu à dégoter un acheteur, pour 178.000 €, resté anonyme. Et, selon les règles, les Archives nationales avaient été tenues informées de cette vente. 

 

Si la conseillère à la DRAC, Caroline Durand, avait estimé que le document était vendu bien trop chèrement, la spécialiste estimant que le prix était 10 fois trop important, l'ouvrage devait donc prendre la voie d'une collection privée. 

 

Mais finalement, cette intervention de la ministre de la Culture, proche de longue date du président du Conseil général, Thierry Carsenac, aura été salutaire. Ce dernier considère toujours que le prix de vente est excessif, mais se réjouit que ce document unique demeure sur son territoire...