Un papier réinscriptible à la chaleur, écologique et économique

Antoine Oury - 03.12.2014

Edition - Société - Yadong Yin papier - réutilisation réinscriptible - UV chaleur impression


Malgré le développement des technologies numériques, le papier reste le support privilégié en matière de communication. Si les premières ne sont pas forcément plus écologiques, l'impact du papier sur l'environnement reste préoccupant, et la recherche n'a pas fini d'expérimenter de nouvelles matières, aux propriétés plus intéressantes. Un professeur de chimie de l'université de Riverside, en Californie, propose un papier totalement réutilisable, fonctionnant à la chaleur.

 


Le chimiste Yadong Yin, derrière son prototype

 

 

Certains souligneront que le papier réinscriptible existe déjà, mais l'objectif du chimiste Yadong Yin est d'optimiser les possibilités de réutilisation, en limitant la perte de matière du support original, ou de l'outil utilisé pour effacer les inscriptions. L'équipe de chimie de l'université de Riverside propose d'utiliser les propriétés d'un indicateur rédox, une solution colorante.

 

L'impression repose sur l'utilisation d'une lumière ultraviolette sur la feuille couverte d'indicateur rédox, pour un photoblanchiment qui fera apparaître le texte imprimé. Seule contrainte de ce processus, l'utilisation d'un patron sur lequel... le texte est déjà imprimé. L'intérêt, c'est que la chaleur permet de faire revenir le papier à la normale, pour y photoimprimer un nouveau texte. Le tout fonctionne au moins 20 fois d'affilée, sans perte de contraste ou de qualité.

 

« Le papier réinscriptible ne requiert pas d'encre additionnelle pour l'impression, ce qui le rend à la fois économique et écologique », assure Yadong Yin. 3 indicateurs rédox peuvent être utilisés, de couleur rouge, verte ou bleue. 

 

Bien entendu, en l'état, les usages de ce papier réinscriptible sont difficilement envisageables : il faudrait disposer d'une lampe à UV chez soi, et l'impression nécessite toujours de disposer d'un patron. Mais les propriétés de la surface seront étudiées, notamment pour des impressions à court terme (les lettres sont lisibles pendant 3 jours dans des conditions normales), comme les articles de presse.