Un parti musulman à l'Elysée dans le prochain Houellebecq

Julien Helmlinger - 17.12.2014

Edition - International - Michel Houellebecq - Soumission - Fleur Pellerin


Le 7 janvier prochain, paraîtra chez Flammarion le 6e roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui dresse un portrait d'une France que gouvernerait un parti musulman en 2022. Son titre se réfère à la traduction du mot Islam, allégeance (à Dieu), et suscite déjà la polémique. Certains s'inquiètent que le ton du Goncourt 2010 risque d'être réactionnaire à la mode de Zemmour, d'autres craignent la surdose de fanatismes dans le récit. Quoi qu'il en soit il sera provocateur, et Fleur Pellerin attend de le lire avant de donner son verdict.

 

L'enlèvement de Michel Houellebecq

 

 

Dans le roman, l'histoire se situe à la fin d'un second mandat de François Hollande, en 2022, dans une France fracturée. Le FN se trouve aux portes du pouvoir, la rue en ébullition, et un nouveau parti, la Fraternité musulmane, viendrait battre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle grâce à une alliance avec le PS, l'UMP et l'UDI. Un certain Mohammed Ben Abbes devient président, et nomme notamment François Bayrou à la charge de Premier ministre.

 

Comme le précise l'AFP, le narrateur du récit est un nihiliste baptisé François, professeur d'université, à la vie sexuelle débridée, mais sans joie véritable. Celui-ci hésite à se convertir à l'Islam pour pouvoir conserver son poste à Paris III, rebaptisée Université islamique de Paris-Sorbonne, où les secrétaires seraient désormais voilées. Mais, contrairement à certains de ses collègues, François va finalement renoncer et quitter la fac.

Michel Houellebecq avait déjà suscité la controverse en 2001, en lançant que « la religion la plus con, c'est quand même l'Islam ». Alors quand il annonce un livre dans lequel le FN et un parti musulman semblent constituer les alternatives politiques de demain, ça fait jaser. On peut lire sur les réseaux que l'auteur « incarne assez bien la francitude moisie », ou encore qu'il risque de sombrer « dans le réac/beauf dans son prochain livre », « un cauchemar fait d'intégrisme, de fanatisme et d'intolérance », selon la chaîne de TV publique italienne, la RAI.

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a également réagi ce lundi, interrogée sur le plateau de Radio Classique et LCI : « Houellebecq a toujours été un provocateur [...] Gardons à l'esprit qu'il y a aussi du second degré. »

 


Fleur Pellerin, invitée de Guillaume Durand... par radioclassique