Un peu de répit pour D&M Publishers, en banqueroute

Clément Solym - 22.11.2012

Edition - International - D&M Publishers - Canada - Amazon


Nous l'annoncions il y a presque un mois : la vénérable maison d'édition indépendante Douglas & McIntyre s'est déclarée en banqueroute. En effet, l'éditeur doit un peu plus de six millions de dollars canadiens à ses créditeurs, dont font partie un certain nombre d'auteurs de la maison. (voir notre actualitté) Si les 143 créditeurs attendent toujours leur argent, D&M a obtenu un délai supplémentaire de la part de la cour suprême de Colombie britannique.

 

 

Capture d'écran du site D&M Publishers 

 

 

Pour l'heure la maison poursuit ses activités en travaillant sous la tutelle de Bowra Group pour trouver un investisseur ou un repreneur potentiel. Leur bankruptcy protection  a été rallongée de 45 jours, ce qui leur donne jusqu'au 4 janvier 2013 pour rembourser leurs dettes. Les investisseurs, quant à eux, ont jusqu'au 26 novembre, 14 heures (heure locale) pour se manifester.

 

La situation semble plus inquiétante que prévue, d'après Rowland Lorimer qui dirige le master édition à la Simon Fraser University : « Au début j'ai pensé que c'était une manœuvre destinée à vendre l'entreprise, mais il semblerait que ce soit un véritable mur financier face auquel ils sont bloqués. » Pas très rassurant donc, surtout quand on connaît le travail à bien des égards exemplaire de cette maison vieille de plus de quarante ans.

 

D&M publie notamment des livres d'art et de poésie, mais elle est loin d'être en reste pour ce qui est de la fiction. Ils ont par exemple publié les œuvres de Margaret Atwood et Douglas Copland.

 

On peut imputer cette déroute à la concurrence des gros éditeurs qui se rassemblent pour faire face à la concurrence d'Amazon et mieux gérer leur approche du livre numérique. (voir notre actualitté) La faute aussi au nombre réduit de livres publiés annuellement par la firme (une soixantaine). Rowland Lorimer estime que même des grosses maisons, y compris Penguin Random House, devront continuer à diversifier leur offre pour ne pas sombrer.

 

Rappelons que New Society, une filiale de D&M, constitue une entité légale indépendante et n'est donc pas concernée par cette faillite qui, si elle s'avère définitive, devrait marquer le monde de l'édition de l'Amérique du Nord.