Un "Plan lecture" pour la Belgique : soutien aux artistes et aux jeunes

Nicolas Gary - 16.02.2015

Edition - International - Belgique lecture - Joëlle Milquet - ministre Culture


Bouger les lignes est une opération menée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, afin de promouvoir la culture chez nos voisins. Son lancement officiel interviendra le 28 février prochain, à l'occasion de la Foire du livre de Bruxelles. Le projet est d'« adapter notre politique culturelle à l'évolution de la société », que ce soit en regard de la numérisation ou de l'interculturalité et de la diversité de la société.

 

Bruxelles

Bruxelles - Olivier Ortelpa, CC BY 2.0

 

 

Joëlle Milquet, ministre de l'Enseignement obligatoire, des bâtiments scolaires, de la petite enfance et de la Culture, depuis 2014, l'avait annoncé : le gouvernement belge a pour projet de déployer un plan lecture. Au théâtre national de Bruxelles, le 19 janvier dernier, elle assurait :  

Nous devrons accompagner la révolution numérique à laquelle est actuellement confronté le secteur du livre. Il ne s'agira pas d'opposer le livre imprimé et le livre numérique, mais de travailler à leur complémentarité, en n'oubliant jamais que c'est la qualité du contenu, bien plus que son emballage, qui est prépondérante. Les principaux relais de la lecture que sont aujourd'hui encore les bibliothécaires et les librairies seront encouragés à évoluer, se décloisonner, investir dans les innovations et dans leur ouverture aux nouveaux modes de lecture, notamment sur écran.  

 

En jeu, la plateforme de livres numériques pour les bibliothèques, LIBREL, autant que le programme Écrivains en classe, pour replacer le livre au cœur des apprentissages. Une grande campagne de sensibilisation à la lecture, auprès des plus jeunes, sera prochainement mise en place. 

 

Selon des informations obtenues par ActuaLitté, le projet de la ministre s'articulera autour de trois points centraux : 

  • Déployer une nouvelle offre culturelle : nous devrons avant tout remettre désormais le curseur sur la création et l'artiste avant de le mettre, comme ce fut trop souvent le cas, sur l'institution.

« J'entends préparer essentiellement avec vous un plan d'action d'envergure, de soutien aux artistes et d'investissement dans la création, conclure une nouvelle alliance école-culture et écrire ensemble la stratégie culturelle numérique francophone », promet la ministre.

  • Soutenir une nouvelle demande et l'accès à de nouveaux publics, c'est-à-dire préparer une réelle politique de diversité des publics et de démocratisation nouvelle adaptée aux nouveaux enjeux.
  • Construire une nouvelle gouvernance et définir un nouveau paysage culturel, simplifié, optimalisé, coordonné, décloisonné.

 

Et pour accompagner au mieux les déploiements, la ministre a sollicité les professionnels du livre, pour « une concertation prospective ciblée et pragmatique dans un timing précis sur les axes de changements présentés ». 

 

Six groupes prospectifs ont été mis en place, pour accueillir les contributions apportées par les bonnes volontés, sur le site internet Tracer nos politiques culturelles. « Le but est que de nombreux acteurs du monde culturel puissent bien évidemment participer, mais aussi porter différentes initiatives de préparation, de propositions de décisions, d'organisation de groupes de travail, de rédaction de contributions, suggestions, projets. »

 

Et de rappeler que ce 28 février, à l'Hôtel de la Poste à Tour & Taxis, sera lancée officiellement la concertation, après avoir donné quelques détails sur la méthodologie. En sa qualité de vice-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet disposerait d'une fenêtre de tir plus intéressante, pour assurer le déploiement du Plan lecture. Et souligne : 

 

Notre politique culturelle, héritée de 50 ans d'histoire, de créations et de décisions multiples, rythmée par des réformes institutionnelles et des changements d'accents divers, se trouve, en effet, comme notre monde et nos citoyens, à la croisée des chemins de tous les possibles et les inédits, plongée trop vite dans un XXIe siècle dont personne n'avait pressenti à ce point les révolutions et les changements. 

 

Projet noble et généreux, nous précise-t-on, et d'autant plus de la part d'une femme qui fut, entre décembre 2011 et 2014 ministre de l'Intérieur, et avant cela, entre mars 2008 et décembre 2011, ministre de l'Emploi.