Un poète anglais confesse avoir plagié de nombreuses oeuvres

Xavier S. Thomann - 22.05.2013

Edition - International - David R Morgan - Plagiat - Poésie


David R Morgan n'est pas Shakespeare. Non seulement il n'est pas très connu, mais en plus la communauté poétique britannique est en train de se rendre compte qu'un certain nombre de ses poèmes sont en réalité des plagiats. Il a reconnu les faits et nombre de ses recueils vont être retirés de la vente. 

 

 

i build myself a book 2 Michael Gibis, CC BY-SA 2.0

 

 

Ce sont les plagiés eux-mêmes qui ont tiré la sonnette d'alarme. Plusieurs poètes ont été désagréablement surpris de découvrir certaines de leurs oeuvres reprises presque à l'identique par Morgan. C'est le cas notamment de l'Américain Charles O Hartman. En lisant « Dead Wife Singing », il avait comme l'impression d'avoir déjà vu ça ailleurs. Et pour cause, il s'agit d'une reprise (seuls quelques mots ont été modifiés) de son propre poème « A Little Song ». 

 

Il en va de même pour un poème de Colin Morton, « Empty Bottles », qui devient chez Morgan, « Monkey Stops Whisling ». Vous remarquerez au passage la différence assez frappante entre les deux titres. Peine perdue, cette vulgaire tentative de camouflage a échoué. Et Morgan est désormais livré à la vindicte poétique. 

 

Parmi les principaux acteurs soucieux de rendre à César ce qui appartient à César, on soulignera le travail effectué par l'universitaire Ira Lightman. C'est lui qui a révélé l'étendue des « emprunts ». Il explique : « Tout ce que David R Morgan a mis en ligne depuis janvier 2011 était emprunté à 90 % à un autre poète ». Bref, l'homme excelle dans l'art de la copie. On apprend pourtant aux enfants, et ce, dès leur plus jeune âge que « c'est mal » de copier sur son voisin. Décidément, c'est une leçon que l'on a bien du mal à faire comprendre à certains. 

 

Dans la foulée, celui qu'on a du mal désormais à désigner sous le terme d'auteur a présenté ses excuses. Il a même confessé sa propre « stupidité ». Plus précisément, il a dit « avoir très honte et regrette d'avoir fait du mal aux gens en raison de ma stupidité. » De plus, il a promis qu'on ne l'y reprendra plus. 

 

Cette « affaire » soulève aussi un autre problème. Dans la mesure où tous les livres n'ont pas été numérisés, il est toujours possible pour des auteurs peu scrupuleux de s'en sortir en recopiant les travaux des autres. Pour peu que le livre ne soit pas quelque part sur la toile, il a toutes les chances de passer inaperçu. À moins bien sûr qu'un lecteur avisé s'en rende compte. 

 

(via The Guardian)