Un professeur de littérature n'enseigne que les auteurs au masculin

Julien Helmlinger - 26.09.2013

Edition - International - David Gilmour - Professeur - Littérature


L'auteur David Gilmour, Canadien exerçant en outre les activités de journaliste et professeur de littérature au sein de l'université de Toronto, défraye la chronique en matière de sexisme avec son sacerdoce bien tranché : « Ce que j'enseigne, ce sont les mecs ». Selon certains propos de celui qui a notamment signé A Perfect Night to go to China, les auteurs femmes, gays, canadiens ou chinois n'en feraient pas partie. Comme il n'entend prendre pour sujet que ce qu'il est en mesure d'apprécier, il renverra les élèves intéressés vers la porte de sortie.

 

 

 Crédits : MacMillan

 

 

Avis lancé par le professeur aux élèves, via la plateforme de la maison d'édition Random House. Ceux qui entendraient étudier sa compatriote Margaret Atwood, au sein de son cours de littérature, sont condamnés à parcourir les couloirs du bahut. Un endroit où de nombreuses personnes sauront mieux les renseigner que lui-même.

 

David Gilmour (rien à voir avec le groupe Pink Floyd) n'estime pas être totalement ignorant des oeuvres littéraires rédigées par des femmes, mais explique : « Quand on m'a donné ce boulot, j'ai dit que je n'allais enseigner que les gens que vraiment, vraiment j'aime. Malheureusement, aucun de ceux qui se trouvent être chinois, ou des femmes. »

 

Petite entorse à ses principes, l'ancien présentateur de Radio-Canada admet avoir tenté l'expérience avec Virginia Woolf . Mais, selon lui, même ses étudiants de troisième année auraient du mal à comprendre l'auteure moderniste. Il a du mal aussi avec les Canadiens et les Chinois, ce n'est pas son truc. Alors il a décidé de se concentrer sur « les gars. Les gars sérieusement hétérosexuels ». Comme Fitzgerald, Checkhov... ou Arnold Schwarzenegger ?

 

Pris hors contexte, comme l'affirme désormais le principal intéressé, ses propos ont enflammé les commentaires sur le réseau Twitter. Indignation, dégout, protestation, quelques vannes...

 

Au Toronto Sun, il explique : « J'ai été négligent avec mes paroles. Je les ai dites d'une telle manière qu'elles peuvent être interprétées comme dénigrantes, dédaigneuses. » En effet, ça n'a pas loupé, et Gilmour précise qu'à sa décharge il se trouvait en train de discuter en français avec un collègue et se serait en conséquence trouvé distrait au cours de l'interview.

 

Il sort plus ou moins couvert dorénavant, avec l'argument : « Je pense que quiconque enseigne Truman Capote ne peut pas être attaqué pour être un anti-quelque chose. »