Un professionnel taille votre crayon pour 15$

Clément Solym - 12.04.2012

Edition - International - David Rees - Commerce - Crayon


« Est-ce une plaisanterie ? » Interroge sur son site Internet l'ancien dessinateur David Rees à propos de son petit commerce qui propose de tailler des crayons. Et bien non, selon lui, c'est très sérieux et il a même décidé de publier un livre sur l'art de tailler les crayons : How To Sharpen Pencils

 

« Grâce à ce livre, je souhaite que les gens puissent apprendre à le faire par eux-mêmes, explique-t-il à Today.com, j'y livre tous mes secrets. Ça ne me dérange pas si d'autres personnes ouvrent leur propre boîte sur le taillage de crayon. S'ils pensent pouvoir faire mieux et moins cher, et bien qu'ils le fassent. Je suis ouvert à la concurrence ».

 

Et oui, pour 15$, David Rees taillera votre crayon, comme un pro. « Je veux que soit clair, ce n'est pas une arnaque, explique-t-il parfois les gens sont en colère (…) certains diront que ça prouve que les inégalités sont tellement fortes aux États-Unis que des riches paieraient un mec 15 $ pour tailler un crayon »

  

Evidemment, en temps de crise, une telle idée ferait lever plus d'un sourcil. Mais c'est juste une question de point de vue pour Rees, qui, passionné, taille des crayons professionnellement depuis l'été 2010.

 

Pour ce faire, il utilise un peu de tout, du papier sablé à une machine spéciale à 450$. Les crayons sont ensuite rendus dans un tube image, et les copeaux dans un sac à part, accompagné d'un certificat d'authenticité. « Tout dépend de ce que le client veut faire avec son crayon, explique David Rees,  c'est ce qui détermine la technique la plus appropriée à adopter ».

 

C'est que David Rees sait de quoi il parle. Auparavant, il était un dessinateur réputé, publié entre autres dans les pages du Rolling Stone et de GQ. Il dessinait au crayon avant de passer au numérique. Il quitta cette profession en 2010 pour travailler au Bureau du recensement aux États-Unis, où il eut l'idée de lancer ce commerce hors du commun.

 

« Lors de notre premier jour de formation,  on nous a demandé de tailler des crayons parce que les documents devaient être remplis comme ça, raconte-t-il, donc nous étions tous là, assis, à tailler nos crayons au-dessus d'une poubelle, et je réalisais que c'était vraiment agréable. C'était quelque chose que je n'avais pas fait depuis des années. Je me suis dit que c'était tellement sympa que je devais trouver un moyen de me faire payer pour tailler des crayons ».

 

L'Amérique doit apprendre à tailler ses crayons toute seule

 

Et le business ne se porte pas trop mal. Depuis ses débuts, David Rees a reçu dans les 500 commandes depuis plusieurs pays, beaucoup plus qu'il ne s'imaginait. Mais il reste sceptique quant à l'avenir du "secteur" : 

 

« Je me demande ce que le livre va donner (…) J'aime beaucoup ce commerce, c'est vraiment super et je suis content de l'avoir monté. Mais ce n'est pas quelque chose que je me vois encore faire dans 20 ans. Je pense qu'après un moment, une fois que je serais certain que l'Amérique ait appris à tailler ses crayons toute seule, et bien je fermerai probablement boutique ». 


Une petite vidéo démonstrative :