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Un regard porté sur la littérature francophone algérienne

Victor De Sepausy - 20.02.2017

Edition - International - littérature - francophone - algérie


Ce samedi 18 février l’Hôtel de ville de Paris a accueilli la 23ème édition du « Maghreb des livres », une manifestation qui a réuni plus de cent trente auteurs, avec un accent particulier mis sur l’Algérie. Des ateliers de calligraphie étaient proposés aux visiteurs venus nombreux. Mais on pouvait aussi assister à des conférences ainsi qu’à des lectures.

 

(Crédits photos : CC BY SA 2.0 - Daggett)

 

Cette manifestation est l’occasion de s’interroger sur ce qui fait la particularité de la littérature francophone algérienne par rapport à ses voisines marocaines ou tunisiennes. Pour en savoir un peu plus, RFI est parti à la rencontre d’Hervé Sanson, spécialiste des littératures du Maghreb et chercheur au CNRS.

 

Tout d’abord, la littérature francophone algérienne a pour elle une plus grande ancienneté, rapporte Hervé Sanson. « Avec les premiers textes parus dans les années 1920, la littérature algérienne est quasi-centenaire aujourd’hui. Ses premiers auteurs s’appellent Jean Amrouche, Marguerite Louis Taos... Ces précurseurs ont préparé le terrain pour cette explosion de talents littéraires à laquelle on assiste à partir des années 1950, avec l’entrée en scène de la génération dite ‘indépendantiste’ ».

 

Hervé Sanson constate également qu’il « est plus simple pour les nouvelles générations d’écrire en français, car pour elles, la colonisation appartient à l’histoire ancienne. Certes, l’arabisation de l’enseignement est passée par là, mais le français est suffisamment présent dans l’environnement culturel algérien pour que de jeunes Algériens attirés par l’aventure de l’écriture fassent encore le choix de s’exprimer dans cette langue qui n’est pas tout à fait une langue étrangère pour eux. Pour beaucoup de jeunes auteurs, le rejet de l’arabe comme langue de création s’explique aussi par la nature même de cette langue chargée d’affects et d’interdits. » L'intégralité de cet entretien est à retrouver sur le site de RFI.