Un retour en politique pour contrer la fille de Fujimori, dit Vargas Llosa

Clément Solym - 14.12.2010

Edition - Société - perou - politique - présidence


Après un séjour en Suède, plusieurs déclarations intéressantes sur le devenir de la littérature, Wikileaks et d'autres choses, Mario Vargas Llosa est de retour au pays... avec plusieurs projets dans les cartons.

Selon l'AFP, l'écrivain serait finalement prêt à revenir dans la course politique, dans l'hypothèse où la fille d'Alberto Fujimori, Keiko Fujimori, venait à confirmer ses chances d'accéder à la présidence du pays. À peine arrivé à l'aéroport de Lima, après ses trois jours à Stockholm, la presse locale était réunie pour une conférence de presse. « Je suis très content et reconnaissant d'être de retour au Pérou, même si je vous avoue être très fatigué. Ces semaines ont été très intenses », confie l'auteur.

Et comme depuis le 7 octobre, il n'a pas écrit une ligne, il assure de toute son envie de renouer avec le texte, les lignes, les livres. Mais peu importe la littérature : la presse voulait avant tout savoir ce que l'écrivain avait en tête dans le domaine politique, alors que les élections présidentielles arrivent au Pérou, le 10 avril prochain.

Réponse de l'intéressé : « Le Pérou vit heureusement depuis dix ans une démocratie qui est loin d'être parfaite, mais qui repose sur un consensus en terme de modèle économique. Ce qui m'importe c'est que ce modèle des dix dernières années soit maintenu (...) et que la majorité des candidats garantisse cette continuité. »

Candidat malheureux en 1990, le romancier reviendrait donc sur les propos tenus la semaine passée, alors qu'il annonçait n'avoir aucune intention de replonger dans le monde politique. « Nous avons pratiquement connu une guerre civile... nous avons vécu une hyperinflation... C'est à cause des circonstances d'alors que j'ai senti la nécessité de prendre part à la vie politique. Je ne renouvellerai certainement pas cette expérience. » (notre actualitté)

Quelques jours plus tard, la situation semble changée puisqu'il envisagerait volontiers de renouer avec la chose publique. Alors que la fille de son ennemi a annoncé qu'elle serait candidate, l'écrivain a décidé de ne pas se fermer toutes les portes. « Si la fille du dictateur qui a été condamné à des peines de prison pour crime et vol a la possibilité d'être présidente du Pérou, je serai l'un des Péruviens à tenter de l'en empêcher avec tous les moyens légaux. Je crois que ce serait une catastrophe pour notre pays », a-t-il déclaré.