Un Rimbaud peut en cacher un autre

Clément Solym - 27.08.2010

Edition - Justice - rimbaud - toile - arnaque


Olivier D. était sur un fameux coup quand il a fait affaire avec une amie, Andrea B. contre 53.000 francs suisses, l’homme aidait à l’achat d’une toile de maître qui serait revendue quelques jours plus tard pour bien plus cher.

L’opération pourrait sentir l’arnaque si la dame n’avait pas mis en gage un petit tableau signé A. Rimbaud. Peinture certifiée authentique par une galerie parisienne, raconte Illustre.ch. Lorsqu’à la date convenue, Olivier D. est sans nouvelle de son pactole, il se décide à rappeler celle qui se prétend femme d’affaires. C’est alors que la femme, qui traverse des difficultés financières, lui propose de revendre le tableau qu’elle dit valoir plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Le pot aux roses se brise totalement le jour où le Suisse achète un ouvrage sur les dessins du poète. Au détour des pages, l’homme reconnaît les paysages libanais de la toile sur le livre. S’il s’agit bien de l’œuvre d’un Rimbaud, le livre explique qu’elle est le produit d’un certain Antoine, un officier de la marine et non d’Arthur.

La toile ne vaut pas grand-chose. L’auteur du bateau ivre n’a jamais réalisé plus que quelques dessins peu inspirés en dehors de ses poèmes.

À l’origine de l’arnaque, une vente dans le sud de la France remontant à 2001, de plusieurs tableaux signés A. Rimbaud. Pour quelques euros seulement. L’heureux acquéreur réussira toutefois à obtenir un certificat d’une grande galerie avant de la céder à une autre. Parfois pour une somme à cinq chiffres, d’autres fois à titre gracieux, ses déclarations ont divergé au fur et à mesure que l’histoire a été révélée.

Et c’est dans cette dernière galerie que se serait opéré l’achat de la toile par la drôle d’amie de l’arnaqué. Ruiné, l’homme a déjà essuyé un refus du juge d’instruction d’ouvrir une enquête contre Andrea B.