Un service d'autoédition proposé par un grand éditeur ? Attention...

Clément Solym - 21.11.2011

Edition - Les maisons - éditeur - auteur - naiveté


En ouvrant son service d'autoédition facturée, l'éditeur américain Penguin a pensé faire une bonne affaire. Jouer sur sa marque, pour qu'en contrepartie, les auteurs le souhaitant payent entre 99 $ et 549 $ - sachant qu'en plus, l'éditeur prendra 30 % du prix de vente des livres. Difficile de rentabiliser son effort dans ce cas.


Chez Amazon, un auteur qui passerait par le système d'autoédition se verrait également ponctionner de 30 % du prix de vente - et dans l'idée où son livre serait vendu moins cher ailleurs, Amazon se réserve le droit d'aligner le prix de vente autocratiquement.

 

http://www.penguin.com/images/penguin.gifSauf que l'auteur ne paye rien pour la mise en vente. Et Penguin de justifier le coût demandé par sa marque, mais également son service de création de fichiers - et d'impression, dans l'idée où l'on souscrirait à l'offre de 549 $.

 

Pour l'auteur David Gaughran, qui tient le blog Let's Get Digital, la ponction supplémentaire de 30 % de la part de Penguin est une arnaque. Et bien d'autres auteurs autoédités font entendre le même son de cloche. Joe Konrath explique avoir vendu 500.000 ebooks, et pointe que s'il avait eu recours au service Book County, la société lui aurait pris 290.000 $ de pourcentage.

 

Avec les méthodes employées par Penguin, les auteurs autoédités dénoncent ainsi un exercice de prédation et un comportement de rapace, exercé sur les jeunes inexpérimentés, qui se feront ainsi abuser. Exactement comme au temps de la publication à compte d'auteur, et de cette forme de racket organisé, reposant sur la naïveté des écrivains.

 

Avec l'estampille Publié par Penguin, la séduction est facile, et la simple présence du logo de l'éditeur devrait aisément convaincre les uns et les autres.

 

Et effectivement, le rêve d'un contrat d'édition avec l'un des grands éditeurs étasuniens est difficile à refuser. Il sera intéressant dans la suite des événements de voir comment les auteurs traditionnellement publiés prennent cette mesure, et si, finalement, la maison Penguin ne s'est pas tiré une sacrément lourde balle dans le pied avec cette idée.

 

Or, l'éditeur se défend : Book Country prend un pourcentage sur chaque vente, c'est ainsi, et cela a toujours été. Et surtout, son offre est bien plus complète que celle d'une autoédition traditionnelle, surtout dans la formule complète à 549 $, avec la gestion d'un numéro ISBN, l'impression du livre, mis à disposition des libraires qui seraient parvenus à le vendre...

 

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