Un Steve Jobs du livre ? Jeff Bezos, avec Amazon...

Clément Solym - 15.06.2009

Edition - Les maisons - Steve - Jobs - livre


Voilà un conte de fées éditorial comme il s'en rencontre peu : Cayla Kluver a 14 ans, et écrit son premier roman, une histoire fantastique titrée Legacy, avec une belle princesse, contrainte d'épouse un beau aussi, mais odieux seigneur, alors qu'elle serait plutôt amoureuse de Narian, beau tout autant, mais mystérieux en plus.


L'année suivante, elles créent une maison d'édition avec sa mère : Legacy est mis en vente, le succès est modeste, mais présent et sur Amazon.com, les commentaires élogieux sont nombreux. Et le cybermarchand intervient alors à ce moment : le livre est épuisé, mais il décide de le republier pour un public plus large dans le cadre de son programme Amazon Encore.

Ce dernier se destine à éditer des livres qui le méritent, mais qui ont été quelque peu oubliés. Or, le propre du libraire, même en ligne, n'est tout de même pas d'empiéter sur les plates-bandes de l'éditeur, si ?

Ben si.

Amazon, boutique à tout faire

Car Amazon n'est plus une librairie depuis des lustres. Avec la possibilité d'éditer du contenu sur le Kindle, les services d'Impression à la Demande (Booksurge) ou d'auto-édition (CreateSpace), on vend tout à la fois du papier, du numérique, entre deux brouettes et autres grille-pain. Surtout qu'entre temps, l'achat d'Audible Abebooks ou Lexcycle intervient, ou encore de Shelfari, réseau social pour alimenter les conversations sur les livres...

On ignore encore si le Kindle sur l'iPod du livre, mais il est claire, c'est qu'il existe un Steve Jobs du livre, et qu'il se nomme Jeff Bezos. Accaparant tous les domaines possibles de l'édition, ce dernier ne laisse qu'une place de plus en plus réduite aux éditeurs, si tant est qu'ils en eurent jamais au contraire des auteurs et consommateurs. Car Amazon recommande des livres et vous les vend peu cher : finalement, c'est un peu un bon copain.

Une place de choix dans l'industrie, incontournable

L'an passé, Amazon possédait 43 % de la vente de livres en ligne aux États-Unis, selon RR Bowker, cabinet d'analyse. Et désormais, les éditeurs, même Hachette, froncent les sourcils. « Ils approchent rapidement du point où l'on ne peut tout simplement pas se permettre de faire des affaires avec eux », avoue un éditeur de New York. Tout l'intérêt sera de voir ce qui se passera après.

Les tensions iront grandissantes, et les offres de promotion également. Difficile pour un éditeur de ne plus prendre en compte leur position...