Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Un syndicat des littératures de l'imaginaire, "l'enjeu, c'est la création contemporaine”

Nicolas Gary - 08.02.2017

Edition - Les maisons - littérature imaginaire éditeurs - syndicat création éditeurs - auteurs création contemporaine


C’était dans l’air du temps, si, si. Et il aurait fallu de belles œillères pour ne pas le voir venir. « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort — Nous nous vîmes trois mille en arrivant au spatioport », pourraient-ils dire. Parce que les littératures de l’imaginaire en ont besoin, quatre éditeurs invitent leurs confrères à la constitution du Syndicat national des éditeurs indépendants de l’Imaginaire.

 

PHILOSOPHY !?...........

domaine public

 

 

500... ou plutôt quatre, pour débuter : Armada, Malpertuis, Le Peuple de Mü et Walrus. Et tous opèrent ce même constat : « En tant qu’éditeurs petits et moyens, nous ne sommes pas représentés par le SNE – simplement parce que nous n’avons ni les mêmes enjeux ni les mêmes problématiques », expliquent les signataires de l'appel lancé.

 

D’ailleurs, le Syndicat national de l’édition « n’est pas un ennemi », considère la structure montante : « Nous voulons être à même de formuler des propositions communes, bien que, la plupart du temps, elles seront en contradictions. Nous défendons tous la pluralité culturelle, petits, moyens, grands, indépendants ou non. Mais pas la même pluralité, assurément. De même, en tant que sociétés, les besoins ne sont clairement pas identiques. »

 

Le projet du SNEII est avant tout de regrouper, autour d’une notion : le soutien de la création francophone, dans les littératures de l’imaginaire. Cela passera par une plateforme collaborative, facilitant les échanges et le partage d’idées.

 

« Il faut rappeler que, les auteurs primoédités viennent souvent de petites structures, qui portent justement cette diversité. Que les auteurs partent ensuite vers d’autres cieux éditoriaux, c’est dans la logique des choses. Mais les maisons, elles, ont besoin d’être soutenues. »

 

Et si l’on sort du strict cadre de l’imaginaire, on comprend bien la portée de cette intervention : quand les groupes disposent de tous les rouages de l’édition – diffusion, distribution, points de vente, etc. – les petites sociétés doivent ramer pour tirer leur épingle du jeu.

 

La création contemporaine, le premier enjeu

 

« Cela revient à rappeler une belle évidence : ceux que l’on écoute, et entend le moins, sont ceux qui font vivre la création contemporaine. » Inverser – renverser ? – cet état de fait implique la mutualisation. « De même que le MEDEF est aux côtés des entreprises du CAC 40, et ne représente certainement pas l’ensemble des sociétés de France, de même le SNE incarne les grands groupes éditoriaux. L’émergence d’un syndicat permet d’apporter une autre voix, quand il s’agit de parler de livre et d’édition. »

 

Cela passera par une reconnaissance des pairs, évidemment, avant de s’ancrer dans une multitude de réalités communes, à débroussailler. « On parle du numérique, mais ses évolutions viendront des indépendants : réfléchir à des solutions éditoriales, sans opposer papier et numérique, n’est pas évident pour un grand groupe. De même que l’on ne peut plus réduire l’ebook à de l’homothétique : la lecture numérique, c’est celle de la page web, pas nécessairement celle que l’on tourne. »

 

Création du Syndicat National des Éditeurs Indépendants de l’Imaginaire : une nécessité

 

Or, d’autres sujets tout aussi concrets sont d’ores et déjà à l’ordre du jour. « Si l’on prend les coûts d’impression du livre en France, ils sont largement défavorables à nos sociétés. À rendu égal, les devis que l’on reçoit d’autres pays européens, comme la Pologne, peuvent être 30 à 50 % inférieurs. Ou encore les tarifs postaux largement en notre défaveur aujourd’hui. »

 

Concret, ultraconcret.

 

« Conclusion ? Les frais supérieurs que doivent supporter les petits et moyens éditeurs peuvent impacter la rémunération de l'illustrateur, l'à-valoir de l'auteur – quand il existe ! – et la relecture / correction. Avec des frais plus raisonnables, ces questions ne disparaissent pas complètement mais peuvent être discutées plus librement. »

 

Plus d’informations et/ou prendre part au SNEII.