Un texte inédit de John Steinbeck : son journal des Raisins de la colère

Victor De Sepausy - 31.12.2018

Edition - Les maisons - John Steinbeck inédit - Raisins colère roman - journal Steinbeck écriture


JOURNAL – John Steinbeck a livré Les raisins de la colère à l’Amérique en renvoyant par ce jeu de miroir romanesque la sinistre réalité de la Grande dépression. Une période que Steinbeck, issus d’une famille modeste a bien connu : il avait 27 ans lors du krach boursier du jeudi noir. Dix années terribles pour le pays.

John Steinbeck
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
On sait que la rédaction de ce livre a tenu une place particulière dans la vie de l’écrivain américain. Trois ans après son premier succès, Tortilla Flat, il entame ainsi la rédaction de ces Raisins, particulièrement amers. Et durant toute la période d’écriture, il s’astreint à une discipline de fer, analysant son propos, ses enjeux.

Toutes ses réflexions furent consignées entre juin et octobre 1938 : la Grande Dépression n’est pas encore achevée, la Seconde Guerre mondiale pas encore déclarée. Mais Steinbeck bouillonne : sa créativité est au paroxysme et dans ce carnet, il retrace scrupuleusement cette expérience jour après jour, heure après heure, et révélant les tensions qui l’ont traversé tandis qu’il était à l’œuvre.
 
C’est autant dans le travail narratif que dans la tête même de l’auteur que l’on pénètre. On découvre « les doutes qui le minent, sa paranoïa latente, les obstacles (souvent domestiques) qui se dressent devant lui, mais surtout la détermination obstinée qui le pousse à suivre le fil de l’écriture », indique l’éditeur.

Toute la conception et la genèse de l’œuvre – des nouvelles qui servirent de base à la trame, des ébauches qu’il finit par détruire et les soutiens qu’il put recevoir. Ainsi, on découvre que c’est son épouse qui trouva le titre, et qu’elle tapa également le texte. L’autre dédicataire, Tom Collins, lui apporta une foule de renseignements sur les migrants.
 
Le carnet dépasse d’ailleurs largement la publication des Raisins, se prolongeant jusqu’en 1941 : c’est le succès critique, commercial, mais également les controverses et les menaces qu’il endura, ici retracées. La guerre a explosé, son mariage aussi, manifestement brisé par ce roman. 

Une plongée exceptionnelle dans les pensées du prix Nobel de littérature.


[à paraître 03/01] John Steinbeck, trad. Pierre Guglielmina – Jours de travail, le journal des Raisins de la colère – Seghers – 9782232129834 – 19 €


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Commentaires
Quel est le titre en anglais de "jours de travail"?

Merci de votre attention
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