Un tiers des parents évite de lire des histoires effrayantes à leurs enfants

Nicolas Gary - 26.08.2016

Edition - Société - histoire peur personnages - enfants lecture histoire - parents personnage efrayant


Les parents seraient terrorisés à l’idée de lire, avant qu’ils ne s’endorment, des histoires effrayantes à leur progéniture. Un tiers d’entre eux évitent soigneusement ces textes, montre une étude réalisée par une psychologue auprès de 1003 parents britanniques. Tout ce qui pourrait contenir un personnage effrayant est tenu loin de leurs enfants – encore faut-il définir ce que peut signifier « effrayant ».

 

scariest sticker

Mr Switch, CC BY ND 2.0

 

 

On ne parle pas de Pennywise, l’horrible clown de Stephen King ou de monstres sanguinaires, pourtant. Mais pour les parents britanniques – et certainement, pour les parents tout court –, les histoires qui font peur sont volontairement laissées de côté. 

 

« Lorsque vous lisez une histoire effrayante à un enfant, ou qu’ils la lisent eux-mêmes, l’enfant a un certain niveau de contrôle – il peut suspendre ou arrêter », explique la psychologue Emma Kenny, qui a mené l’étude. « Et l’histoire peut susciter une discussion, au cours de laquelle ils peuvent explorer et expliquer comment ils se sentent. »

 

Tout simplement parce que la peur est une émotion naturelle. Et les parents en sont convaincus : 84 % d’entre eux estiment que les méchants sont importants dans les livres pour la jeunesse. 

 

« Le monde peut être un endroit effrayant – les enfants se retrouveront dans des situations où ils sont grondés par leur professeur, ou se sépareront de leurs amis. Savoir comment réagir face à la peur est une bonne chose », poursuit la psychologue. 

 

Et d’aligner des chiffres plutôt intéressants : 78 % des parents sont convaincus que les personnages maléfiques aident les enfants à opérer une distinction entre Bien et Mal. Et 53 % qu’ils permettent de faire face à des situations difficiles. Enfin, 48 % considèrent que ces personnages aident à dompter les peurs. 

 

Retrouver Les monstres les plus effrayants de la littérature 

 

« Il y a des leçons de vie que les personnages négatifs aident à traduire pour l’enfant. Les contes de fées présentent souvent des personnages principaux qui subissent les conséquences de n’avoir pas su tirer profit de conseils : cela peut aider les enfants à structurer une pensée corrélative. » Autrement dit, apprendre des contes, mais l’idée n’est pas nouvelle... 

 

C’est d’ailleurs cette même Emma Kennny qui recommandait aux parents de ne pas laisser leur progéniture seule devant la télévision. Pour éviter qu’elle n’engloutisse des sodas. En effet, selon ses recherches, les personnages des dessins animés ou des séries sont plus enclins à consommer des sodas sucrés, avec pour conséquence d’influencer le jugement des enfants. 

 

L’enquête a été réalisée pour la librairie en ligne The Book People

 

L’importance de lire des histoires aux enfants avant qu’ils ne s’endorment n’est toutefois pas remise en cause. Après tout, l’effroi de l’enfant peut avant tout être ressenti de par ce que le parent est lui-même mal à l’aise avec la lecture qu’il fait. L’enfant reproduit alors un comportement, et finalement devient craintif, par mimétisme. 

 

Depuis plusieurs années, des études se succèdent pour montrer que la lecture d’histoire, avant le dodo, semble se perdre. Mais plus encore, alors que les mamans montaient au créneau plus facilement que les papas – moins présents, plus de travail, selon les études –, même cet état de fait se modifierait.