“Un Traité sur la monnaie” : John Keynes, cet économiste inhabituel

Victor De Sepausy - 21.07.2019

Edition - Les maisons - traité monnaie - John Maynard Keynes - essai économie


Cet ouvrage de John Maynard Keynes, économiste britannique, n’avait jamais été traduit jusqu’à aujourd’hui. Ce livre révèle le cheminement de ce que l’on désigne comme la révolution keynésienne. Une théorie issue de l’incapacité à expliquer la grande dépression des années 30.


 

En soi, le keynésianisme a introduit l’idée que le marché, seul, ne peut pas tout : l’État doit intervenir, avec un rôle accompagne l’économie. De la sorte, le fonctionnement même de l’économie est associé à celui d’une politique économique. Mais plus encore, Keynes n’a pas dans l’idée que le plein-emploi soit une condition automatique. 

Au contraire, si les salaires, individuellement, diminuent, alors la demande conséquemment subit une baisse qui impacte l’ensemble d’un marché, avec pour corollaire de faire baisser la production. Et d’impacter sérieusement l’économie. Son génie, pour un Britannique, est d’ailleurs d’envisager que la réduction des salaires puisse provoquer des conflits sociaux – un propos de communiste, ou quasi…

Cette « révolution keynésienne », telle que l’avait désignée et conceptualisée l’Américain Lawrence Klein, dans un ouvrage éponyme paru en 1946, mettait alors en exergue les impératifs, dans un contexte macroéconomique, de processus d’équilibrage.

Le point de départ de Un traité sur la monnaie, comme son nom l’indique, est la monnaie. Mais ce n’est que le point de départ. À partir de la monnaie, John Maynard Keynes développe des analyses beaucoup plus larges : une véritable théorie économique générale qui se défait peu à peu des dogmes cambridgiens. 
 
Ce sont également les grands principes de la monnaie qui sont étudiés : qu’il s’agisse d’un outil de transaction, de précaution — en regard des ressources disponibles à l’avenir — ou de spéculation, pour devancer le marché par une connaissance accrue de ses mouvements, la monnaie exerce une influence à de multiples niveaux de la société.

Keynes y ouvre, bien plus encore que dans la Théorie générale, des horizons nouveaux : « … Il y a quelque chose à dire à propos du regard que l’étudiant du futur devrait porter, s’il devait choisir parmi les œuvres de Keynes : il obtiendrait la meilleure image de sa contribution totale à l’économie dans le Traité » [Harrod, 1951].

« Dans ma biographie de Keynes, je l’ai appelé un “économiste inhabituel”. Je voudrais maintenant aller plus loin : au fond, il n’était pas du tout un économiste. Bien sûr, il pouvait “faire” de l’économie — et il pouvait en faire avec les meilleurs. Il portait le masque d’un économiste pour gagner de l’autorité, tout comme il portait un costume foncé et un chapeau dans la vie publique.

Mais il ne croyait pas au système d’idées que les économistes partageaient et dans lequel ils vivent encore. Il n’était pas un adorateur du Temple : il était un hérétique qui a appris à jouer le jeu
 », indique l’économiste britannique Robert Skidelsky, en épigraphe du livre.



John Maynard Keynes, trad. Marc Laudet — Classiques Garnier — 9782406090410 – 67 €


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