Un trésor littéraire venu d'Augusta Leigh, l'amour de Lord Byron

Clément Solym - 22.10.2012

Edition - International - Lord Byron - Augusta - livres


Le poète Lord Byron n'avait pas simplement fui la Grande-Bretagne pour combattre aux côtés des Grecs, comme la légende romantique le colporte. En effet, Augusta Leigh, demi-soeur du poète, ne fut pas étrangère à cette fuite, en 1816. C'est que l'homme, derrière le poète, avait des sentiments très forts - au point que des rumeurs de relations incestueuses aient fusé...

 

 

 

 

Bref, Lord Byron quitte l'Angleterre et laisse Augusta éplorée, mais non sans lui avoir rendu l'hommage d'un poète à sa douce, les Stances à Augusta, écrites durant le passage en Suisse, durant son séjour à la Villa Diodati. Mais toute cette période restait bien mystérieuse... jusqu'à ce que l'on découvre dans une librairie d'occasion, à Harewood House, dans le Yorkshire, une fenêtre ouverte sur ce pan de l'histoire littéraire britannique. 

 

Amelia Osborne, fille unique d'Augusta et John Byron, père du poète, avaient tous deux conservé une passion forte pour la lecture. Et c'est donc un véritable trésor littéraire qui s'est fait jour dans la librairie. Une collection détenue alors par une femme de 80 ans, qui l'avait sous les yeux depuis 40 ans, achetés en 1970, dans une maison de Londres, et finalement, qu'elle abandonna, ignorante de leur provenance. 

 

Un généreux donateur, un brocanteur, les offrit alors à Harewood House, qui ne savait alors pas quels scandales de l'époque georgienne. 

 

Des bénévoles travaillant dans l'établissement ont en effet été intrigués par une inscription dénichée dans l'un des livres, « Augusta Leigh, St James' Palace ». Et ignorant qui pouvait être cette fameuse Augusta, Audrey Kingsnorth, bénévole chez Harewood, s'est lancée dans des recherches, qui ont abouti à faire le lien avec Lord Byron. « Ce fut un exercice passionnant d'apprendre tant de choses sur cette famille, au travers des livres qui leur furent chers, et nous poursuivons nos recherches. »

 

Et ce sont ainsi plusieurs livres, offerts à l'établissement, dont chacun porte une marque précise : « Henry Francis Leigh from his dear Mamma on his birthday, January 28th 1828 », qui désigne un autre membre de la famille, fils d'Augusta. De fait, tous les ouvrages ont été offerts par Augusta à ses enfants - elle en eut sept. Une collection qui sera prochainement vendue aux enchères ; la somme sera reversée à des projets éducatifs du Yorkshire. 

 

Le généreux donateur n'a pas souhaité se faire connaître, et en attendant les enchères, Audrey Kingsnorth explique que les livres sont toujours exposés dans la boutique. « Jusqu'à maintenant, nos biens les plus précieux furent une copie dédicacée du livre de Ian Woosnam et une première édition d'Enid Blyton. Les livres d'Augusta ont été une véritable trouvaille. »