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Une année 2016 difficile pour le spécialiste de l'éducation, Pearson

Clément Solym - 27.02.2017

Edition - Economie - Pearson résultats économiques - Pearson Education chiffre affaires - revenus pertes béénfices


Les résultats financiers du groupe Pearson mettent l’actuel CEO, John Fallon, dans une délicate position. Les actionnaires, particulièrement échaudés après les dernières annonces, attendent beaucoup de l’homme à la tête de la structure. La réduction des dividendes versés aux actionnaires serait en effet une première depuis 20 ans.

 

 

 

Avec 35.000 salariés, le groupe Pearson est l’un des plus importants producteurs de manuels scolaires au monde – exportés en Grande-Bretagne, USA, Afrique du Sud ou encore Brésil et Chine. Ayant concentré ses efforts sur ce segment éditorial, Pearson a été secoué par les mêmes difficultés, liées au numérique, que celles ayant frappé d'autres secteurs culturels.

 

« Il ne s’agit plus d’un contrôle des coûts, il s’agit d’un changement structurel de ces marchés », indique un actinnaire à l’agence Reuters, sous couvert d'anonymat.

 

Tout sur le numérique... et la location d'ouvrages

 

Fallon n’a pas eu d’autre choix que d’assumer la responsabilité... de ne pas avoir su prévoir les changements sectoriels. Il garantit cependant que toute son action vise désormais à négocier la transition numérique du mieux possible. Parmi les projets, un mouvement plus agressif vers le livre numérique, dont les prix seront réduits, mais également une offre de location de livres imprimés.

 

En janvier dernier, Pearson avait déjà connu un gros coup de chauffe : les étudiants avaient charitablement alerté qu’ils préféraient désormais louer leurs manuels que de les acheter. De quoi impacter immédiatement la valeur de l’action de la structure, qui avait perdu 30 % en une seule journée. Une situation qui s’est par la suite stabilisée, pour reprendre du poil de la bête.

 

L’un des problèmes est qu’au cours des dernières années, Pearson a déjà opéré une coupe dans ses équipes, en licenciant près de 8000 personnes. Tenter de diminuer plus encore les salariés pourrait avoir des conséquences sérieuses sur ses capacités globales. Pour certains, c’est la vente de certains actifs du groupe qui doit être envisagée, afin de consolider la structure.

 

Si le secteur de l’éducation est très fragmenté, il faut alors renforcer les parts les plus solides. À ce titre, la joint-venture organisée avec Bertelsmann, regroupant les filiales littéraires sous la marque Penguin Random House, représente la piste la plus sérieuse.

 

Pearson a déjà annoncé qu’il chercherait à vendre sa participation – 47 % – dans les prochains temps. Mais il faut naviguer avec prudence, pour ne pas fragiliser l’ensemble du groupe.

 

2016, année très douloureuse

 

Communiqués ce 24 février, les résultats ne sont cependant pas aussi catastrophiques que les analystes l’avaient envisagé. La dette nette a pourtant augmenté de 1,1 milliard £ sur 2016, quand elle n’était que de 654 millions £ l’année d’avant. Le tout accompagné d’une perte avant impôt est de 2,56 milliards £.

 

Pearson abandonne Penguin Random House au profit de Bertelsmann 

 

Cependant, le groupe affiche 4,45 milliards £ de revenus – + 2 % –, avec un bénéfice d’exploitation de 635 millions £ – en recul de 8 %. « 2016 fut une année difficile pour Pearson, mais nous restons le leader mondial en matière d’éducation, avec une position solide sur le marché », assure John Fallon.

 

« Nos priorités sur 2017 sont claires : continuer d’accélérer notre transformation numérique, simplifier notre portefeuille, contrôler nos coûts et concentrer nos investissements sur les plus grandes opportunités de croissance en matière d’éducation. »

 

Parmi les perspectives, la vente de la section d’apprentissage pour entreprise, GEDU, est envisagée – et l’on cherche un partenaire pour investir dans la division Wall Street English.