Pas de prix unique du livre au Québec, une solution "trop partielle"

Nicolas Gary - 24.06.2014

Edition - Librairies - Hélène David - librairies agrées - prix unique du livre


Après les élections au Québec, Hélène David du Parti libéral, a été nommée ministre de la Culture. Héritant du poste de Maka Kotto, elle en reprenait également les dossiers, et notamment celui du prix unique du livre, alors en discussion. L'organisation Sauvons les livres l'avait d'ailleurs interpellée sur cette question en avril dernier.

 

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Meriol Lehmann, CC BY NC ND 2.0, sur Flickr

 

 

La ministre n'avait pas encore officiellement pris position sur le sujet, mais annonce en revanche la nomination de Luc Fortin, son adjoint parlementaire, pour un mandat de réflexion concernant les librairies agréées. Dans un communiqué officiel, la ministre annonce que les travaux porteront « sur les moyens de consolider les librairies agréées ».

 

Depuis plusieurs semaines, le secteur du livre au Québec est divisé : le libraire Renaud Bray et son distributeur, Dimedia, sont pris dans un conflit commercial. Or, pour qu'une librairie québécoise dispose de l'agrément, conformément à la loi 51, elle doit avoir choisi un distributeur exclusif. 

 

Ce point et celui du prix unique sont dans la ligne de mire de la ministre : « À la suite des consultations sur la réglementation du prix de vente des livres neufs qui ont eu lieu en août et en septembre 2013, la nécessité d'accompagner les librairies indépendantes pour assurer leur vitalité culturelle et commerciale a été mise en lumière. Le mandat que je confie à mon adjoint parlementaire a donc l'objectif d'assurer l'accessibilité au livre, en maintenant un réseau de librairies agréées fort partout au Québec et sur le Web. » 

 

Son gouvernement a manifestement à coeur de « mettre en place des mesures efficaces, qui auront des effets non seulement sur les librairies agréées, mais aussi sur les lecteurs et l'ensemble des acteurs de la chaîne québécoise du livre qui comptent sur ces lieux essentiels de diffusion et de promotion ». Or, dans sa mission, la ministre balaye rapidement la question du prix unique. 

 

Plutôt que d'opter pour une solution partielle comme la fixation du prix des nouveautés, dont les effets sur les pratiques de consommation et sur le lectorat sont incertains et qui n'agit pas sur l'ensemble des facteurs de fragilisation des librairies, M. Fortin devra recommander des actions ciblées dont les résultats concrets pourront être rapidement appréciés.

 

 

De son côté, Luc Fortin explique : « Je souhaite que les librairies agréées puissent assumer pleinement leur rôle culturel sur le territoire québécois et sur le Web. Il importe d'appuyer leur développement. »

 

Sauvons les livres, dans sa lettre à la ministre estimait plutôt que « les écrivains québécois doivent pouvoir compter sur un large réseau de librairies présent dans toutes les régions, pour diffuser leurs œuvres et espérer vivre de leur travail de création ». La réglementation apparaissait, en conséquence, comme un « minimum vital » pour le secteur livresque, et le mouvement réclamait du nouveau gouvernement qu'il suive la voie tracée par les promesses du précédent ministre de la Culture, Maka Kotto.

 

Manifestement, on ne les a pas trop entendus.