Une avocate met Bertrand Cantat en cause dans le suicide de son épouse

Clément Solym - 12.08.2013

Edition - Justice - Bertrand Cantat - Kristina Rady - suicide forcé


En juin dernier, Stéphane Bouchet et Frédéric Vezard publiaient aux éditions de l'Archipel un document évoquant la relation entre le leader de Noir Désir et sa conjointe : Marie Trintignant - Bertrand Cantat : l'amour à mort. C'est à partir d'un document présenté dans le livre que Me Yael Mellul souhaite rouvrir une procédure judiciaire contre Bertrand Cantat.

 

 


 

 

En effet, dans l'ouvrage des deux hommes, est retranscrit un message téléphonique que Kristina Rady, alors l'épouse de Bertrand Cantat, avait laissé à ses parents. Elle y évoque les difficultés à vivre avec Bertrand Cantat, explique Le Point. La jeune femme parlait d'une relation douloureuse, tant physiquement que moralement, soulignent nos confrères.

 

L'avocate, spécialisée dans les violences conjugales veut saisir le procureur de la République de Bordeaux, en vertu de l'article 222-7 du Code pénal. Ce dernier évoque : 

Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de quinze ans de réclusion criminelle.

 

Le risque est une peine de prison de quinze années de réclusion criminelle. Citée par Le Point, l'avocate explique que « les violences peuvent être physiques, mais également morales et psychologiques. Quand la victime est acculée au suicide, on peut parler de "suicide forcé", une notion qui a émergé en 2011 dans le cadre de la commission égalité hommes-femmes du Conseil de l'Europe ». 

 

Or, six mois après ce fameux message, la jeune femme finira par se suicider, et pour l'avocate, l'écoute dudit message montrerait que ce sera pour elle l'unique solution. 

 



En voici une partie retranscrite : 

 

Ici beaucoup de choses se sont passées et des pas bonnes, c'est pourquoi je ne savais vraiment plus quoi vous dire, et donc je ne vous appelais pas, et après ça faisait si longtemps que je ne vous avais pas appelés que je n'osais même plus vous rappeler sans savoir que dire, comment vous expliquer la raison pour laquelle je ne vous avais pas appelés, le cercle vicieux, même quand on a quarante ans.

Hélas, je n'ai pas grand-chose de bon à vous offrir, et pourtant il aurait semblé que quelque chose de très bon m'arrive, mais en l'espace de quelques secondes Bertrand l'a empêché et l'a transformé en un vrai cauchemar qu'il appelle amour. 

 

Contactée par l'AFP, l'avocate précise qu'elle intervient comme militante personnelle dans cette procédure, ne représentant aucune partie. Faire reconnaître « un suicide forcé » serait également un retour complet alors que Bertrand Cantat avait été mis hors de cause dans le suicide de Kristina Rady. « À l'examen très attentif de ce message, on voit que pour elle la seule issue c'est le suicide », conclut l'avocate. 

 

Pour l'avocat de Bertrand Cantat, Me Aurélie Hamelle, l'avocate « n'est mandatée par personne, n'a aucune légitimité et aucune connaissance de l'affaire ou des personnes impliquées autrement que par ce qu'elle a pu lire dans la presse ». Sans pour autant contester le fondement de la procédure.