Une bataille pour le contrôle de l'oeuvre de Steinbeck se joue au tribunal

Antoine Oury - 07.08.2019

Edition - Justice - Steinbeck oeuvre - Steinbeck proces - oeuvre droit auteur


Trois juges d'une cour d'appel américaine d'Anchorage, dans l'Alaska, vont se pencher sur un cas particulièrement retors : le litige porte sur la gestion de l'œuvre de John Steinbeck, l'auteur de Des Souris et des hommes et des Raisins de la colère, disparu en 1968. Le fils et la belle-fille de l'écrivain se disputent la gestion de son œuvre. Et surtout les droits d'auteur qui y sont attachés.

John Steinbeck, 1902-1968
(photo d'illustration, Naotake Murayama, CC BY 2.0)


Les juges n'ont pas encore fait part de leur décision, mais une bataille judiciaire qui a couru sur plusieurs décennies devrait prendre fin prochainement : ce mardi 6 août, ont été entendu les arguments des différentes parties engagées dans cette procédure judiciaire historique. L'appel a été déposé par Thomas Steinbeck, fils de John Steinbeck, pour contester une décision judiciaire rendue en 2017 par une cour californienne.
 

Et pour quelques millions de dollars...


Selon cette décision, la belle-fille de l'écrivain, Waverly Scott Kaffaga, doit être dédommagée à hauteur de 13 millions $ : d'après elle, Thomas Steinbeck et son épouse Gail Steinbeck auraient fait échouer plusieurs adaptations cinématographiques d'ouvrages de John Steinbeck, occasionnant un préjudice considérable pour les ayant droits de l'œuvre.

Difficile, pour les juges qui se sont succédé dans les différents tribunaux, de déterminer qui sont les ayants droit légitimes de l'œuvre de Steinbeck : son fils, Thomas, décédé en 2016, et sa petite-fille, Blake Smyle, ou les héritiers de la veuve de l'écrivain, Elaine Steinbeck, elle-même décédée en 2003 ?

La décision de la cour d'appel devrait valider ou infirmer la décision de 2017, mais aussi la validité d'un accord passé en 1983 entre les deux parties. La défense de Waverly Scott Kaffaga se dit particulièrement confiante, étant donné que plusieurs juges ont déjà penché en sa faveur.
 

Steven Spielberg intéressé


L'issue de la bataille qui déchire la famille Steinbeck pourrait faire jurisprudence en matière de gestion d'une œuvre par les héritiers d'un auteur. Pour sa défense, Thomas Seinbeck expliquait en effet que l'accord passé en 1983 n'était pas valide : il entrait en contradiction avec un article du droit d'auteur américain, en vigueur depuis 1976, selon lequel les descendants d'un auteur peuvent mettre fin à des cessions du copyright.

Selon Kaffaga, l'accord passé en 1983 donne « le pouvoir et l'autorité exclusive sur l'exploitation ou la résiliation » des cessions de droits des œuvres de Steinbeck à son épouse, Elaine, puis à ses héritiers et descendants. Kaffaga explique par ailleurs, rappelle l'Associated Press, que les films qu'elle avait sous le coude ont été sabordés par Thomas et Gail Steinbeck.
 
D'après elle, Steven Spielberg et Jennifer Lawrence, ainsi que plusieurs studios hollywoodiens, étaient partants pour produire de nouvelles adaptations d'œuvres de John Steinbeck. Ce que l'autre partie réfute, assurant que les films mis en avant par Kaffaga n'étaient que des options, sans garantie d'aboutir...


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