medias

Une bibliothèque devient éditeur pour préserver une langue autochtone

Nicolas Gary - 10.08.2019

Edition - Bibliothèques - langues autochtones - bibliothèque éditeur - Norvège bibliothèque


La mission des bibliothèques de favoriser l’accès à l’information ne se cantonne pas au seul stockage de documents. Dans la région de Trøndelag, en Norvège, la bibliothèque travaille avec sa communauté pour produire des livres en langue sames — ou lapon, dans sa version scandinave. 



 

Depuis cinq ans maintenant, explique Morten Olsen Haugen, en charge de la Trøndelag fylkesbibliotek, ce sont donc 86 ouvrages et audiolivres qui ont été produits par l’établissement. Il existe à ce jour huit langues sames distinctes, dont trois sont utilisées dans les écoles et par les gouvernements norvégien et suédois. 

Le Sami du sud, langue dans laquelle sont édités les ouvrages, est le plus minoritaire : on compte entre 600 et 2500 locuteurs. C’est pourtant celle que la bibliothèque a choisi de publier. 
 

Sortir du cadre traditionnaliste


Jusqu’à lors, existaient des livres caricaturaux, rédigés par un locuteur natif — enseignant par exemple — qui reprenaient les contes et légendes traditionnels. Ces textes, également illustrés par un natif, visaient à expliquer comment préserver les valeurs et l’identité dans un monde en mutation. 

Mais pour l’établissement de Trøndelag, cette approche n’avait pas de sens : les enfants sames sont déjà familiarisés avec l’héritage culturel. Il fallait donc leur apporter des ouvrages « cool et modernes », indique le bibliothécaire

« Nous avions besoin de publier une grande quantité de livres, à un rythme rapide. Lorsque nous avons commencé, 2 ou 3 livres sortaient en same du sud chaque année. Nous en avons sorti plus de 10 annuellement », poursuit-il. 

Loin des thématiques traditionnelles, la ligne éditoriale s’inscrit dans les préoccupations des jeunes, avec des histoires plus universelles. En collaborant avec des maisons d’édition, la bibliothèque finit par obtenir les droits de traduction — que ce soit des éditeurs de Norvège, Suède, États-Unis ou Royaume-Uni. 
 

Traduire et explorer de nouvelles pistes éditoriales


La difficulté majeure est qu’il n’existe que peu de traducteurs pour des œuvres de ce type. La bibliothèque s’est heurtée à ce point, rapidement résolu : désormais, elle forme une nouvelle génération de traducteurs, de 20 à 30 ans, pour préserver et maintenir l’activité. Et de la sorte, les lecteurs bénéficient de nouveautés, dans leur langue.

Politiquement, leur initiative a été chaleureusement accueillie : les parents se sont également précipités pour découvrir cette nouvelle maison d’édition. Elle publiera même Le dragon de glace de George RR Martin en septembre. 

« Devenus l’un des principaux éditeurs de littérature jeunesse en same, nous devons également prendre en compte d’autres aspects que la lecture de divertissement et la quantité de livres », reprend Morten Olsen Haugen. 

« Les livres reflétant la culture same seront plus importants pour nous à l’avenir, compte tenu de notre situation. Nous nous sommes aussi mis en recherche de livres étrangers racontant des expériences d’adolescents autochtones. » 


Commentaires
Ce que l'UE veut nous retirer nos langues nationales ... qu'ils essayent và.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.