Une bibliothèque mobile assure une véritable place à la littérature “black”

Clément Solym - 17.05.2019

Edition - International - littérature black - bibliothèque mobile - lecture territoire


Tout commence à Brooklyn, dans le quartier de Stuyvesant. Une petite fille de 8 ans s’approche d’une femme qui se tient à côté d’une table recouverte de livres. « Ce sont des ouvrages écrits par des femmes noires, et je veux les partager avec des gens comme toi et moi », explique alors OlaRonke Akinmowo à l’enfant. Une histoire se dessinait. 


 

OlaRonke Akinmowo, metteuse en scène et professeure de yoga, a considéré un beau jour que pour garantir une place à la littérature publiée par des Afro-Américaines, il fallait la faire sortir des murs, la porter directement dans la rue. Aujourd’hui, The Free Black Women’s Library qui compte plus de 900 titres se déplace, à la rencontre de lecteurs, et lectrices potentiels. 
 

Donner à lire, pour chacun


L’idée, relate l’Oprah mag, journal monté par l’ancienne présentatrice et figure de la communauté afro-américaine Oprah Winfrey, était de donner à lire des titres qui puissent parler directement aux personnes. Dans sa bibliothèque, on retrouve des livres principalement écrits par des femmes noires, et les gens de passage peuvent échanger, discuter, prendre des titres.

« C’est tellement accessible, et même si vous n’avez pas de livres [à échanger], vous pouvez toujours lire et rencontrer de nouvelles personnes. C’est s’assurer que la littérature pour femmes noires a la place qu’elle mérite dans notre histoire et les esprits », indique Javier Banks, 20 ans, et familier de la bibliothèque itinérante depuis trois ans. 

Depuis mars 2015 qu’OlaRonke Akinmowo s’est mise à traverser les rues avec son stock d’ouvrages, le projet s’est affiné, entre Chicago, Baltimore, Philadelphie et Detroit. « Notre mission est d’apporter un éclairage sur les femmes noires et de proposer divers textes et récits », assure-t-elle. « Dans la bibliothèque, nous trouvons libération, guérison, joie, plaisir et une communauté autour de laquelle se rassembler. »

Évidemment, on trouve des titres de Toni Morrison ou de Brittney Cooper. 

D’autant qu’un mouvement de fermetures de librairies tenues par des personnes de la communauté black a diminué. En 2014, on n’en comptait plus que 54 dans le pays, selon l’African American Literature Book Club. 
 

Les librairies tenues par des black


Au printemps 1968, le directeur du FBI, J. Edgar Hoover annonçait à ses agents qu’un programme de contre-espionnage mis en place pour lutter contre le communisme en 1954, allait s’employer à lutter contre la montée d’un messie noir. Autrement dit, parvenir à tuer dans l’œuf les mouvements portés par des personnalités comme Martin Luther King Jr ou des organisations politiques comme Black Power. Et les librairies indépendantes noires ne furent pas épargnées par les velléités répressives de Hoover. 


 
Pour Akinmowo, cette époque est révolue, mais en attendant que des librairies ouvrent leurs portes — elles seraient aujourd’hui 108, à avoir fait un grand retour depuis 2018 — le travail de porte-à-porte est fondamental. En l’espace de quelques années, sa bibliothèque mobile a traversé littéralement les États-Unis, rapportant sur Facebook ses multiples rencontres et ses conseils de lectures. 

La bibliothécaire non conventionnelle a des rêves plus grands encore. Et l’avenir de ce projet ne manque pas.


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