Une campagne de lecture estivale en Iran, avant de partir pour Francfort

Clément Solym - 27.06.2016

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Les autorités iraniennes souhaitent mettre du livre dans la période estivale, avec le lancement d’une saison de lecture, accompagnée d’un programme pour l’été. L’Agence pour le livre en Iran rapporte qu’une campagne impliquant 500 librairies à travers le pays sera déployée pour faire rayonner la lecture.

 

Boycott de la Foire du Livre de Francfort par l'Iran en 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Le président du centre du livre iranien confirme l’information : pour Majid Gholami Jaliseh, ce sont plus de 500 librairies, à travers 31 provinces du pays, qui s’engagent dans le Programme Lecture de l’été. En lien avec les associations d’éditeur, explique le président, l’opération doit permettre à chacun de tirer profit d’une période propice à la lecture. 

 

Le soutien apporté aux libraires est la base de toute cette opération, et le fruit d’une coopération globale avec les éditeurs, poursuit-il.

 

« La nécessité de recourir aux ordinateurs, pour ce projet, pose des problèmes pour certains libraires, qui se plaignent de ce que leur établissement ne dispose pas d’un système informatique », indique cependant Mahmoud Amouzgar, intervenu dans le cadre d’un séminaire réunissant les éditeurs iraniens. 

 

La couverture totale du pays n’était donc pas possible, du fait de contraintes techniques. Par ailleurs, dans certaines provinces, il n’existe pas de librairies en mesure de pouvoir relayer cette manifestation. L’une des intentions serait par ailleurs de rappeler la présence des librairies, au quotidien, dans la vie des Iraniens. (via IBNA)

 

Dans le même temps, les éditeurs du pays viennent de recevoir l’invitation officielle de la Foire du livre de Francfort, pour les inciter à se rendre à l’édition 2016. Le pays devrait reprendre un espace accueillant l’ensemble des professionnels, après que les relations entre les organisateurs et les autorités du pays se sont tendues. 

 

En effet, l’invitation de Salman Rushdie l’année passée avait fait polémique. Invité à ouvrir la Foire en prononçant le discours d’inauguration, l’écrivain avait immédiatement provoqué une levée de boucliers des autorités iraniennes, qui ont appelé au boycott de la Foire. 

 

« Beaucoup de médias, dans le monde entier, ont vu le pavillon fermé de l’Iran lors de la Foire, et ont fait part du refus de l’Iran, et de son absence en guise de protestation. Ils ont également filmé des affiches présentes sur le stand, portant exposant des slogans contre Rushdie », s’était félicité le ministre de la Culture et de l’orientation islamique, Ali Jannati. 

 

Il avait d’ailleurs assuré que l’Iran prendra bien part aux prochaines éditions de la manifestation, ces prochaines années. Selon lui, la Foire doit conserver son rôle de lieu où se déroulent des débats d’idées, et « respecter les religions et les cultures ». Et non devenir « un endroit où la haine et la violence et les divergences culturelles » sont mises en exergue. 

 

Personne, depuis, n’a osé rappeler à l’Iran que, pour un débat, il faut au moins un contradicteur...