Iran : la poignée de main de trop pour une caricaturiste

Julie Torterolo - 16.09.2015

Edition - International - poignée de main - Atena Farghadani - caricature iran


En juin dernier, Atena Farghadani, une jeune artiste iranienne, a été condamnée à 12 ans et 9 mois de prison pour une caricature. Un dessin, représentant les membres du Parlement iranien avec des têtes d’animaux, jugé comme une nuisance « pour la sûreté de l’État », « un outrage » et même « une propagande contre le régime ». Aujourd’hui, la jeune femme risque de voir sa peine s’allonger pour « relation sexuelles illégitime » et « conduite indécente », simplement pour avoir serré la main de son avocat. Une pétition a été lancée pour libérer l’artiste. ​

 

Le dessin d'Atena Farghadani, via Facebook

 

 

Les autorités iraniennes reprochent à l’artiste Atena Farghadani tout en vrac :

« rassemblement et collusion en vue de nuire à la sûreté de l'État »,

« diffusion de propagande contre le régime »,

« insulte envers les membres du Parlement par le biais de peintures »,

« outrage au guide suprême »

« outrage envers les fonctionnaires chargés de son interrogatoire ».

 

Autant de charges pour une caricature représentant les membres du Parlement du pays avec des têtes d'animaux. Elle avait notamment produit cette oeuvre afin de protester contre la volonté du gouvernement d‘adopter une loi contre la stérilisation volontaire et visant à restreindre l'accès à la contraception et aux services de planification familiale.

 

« Atena Farghadani a essentiellement été condamnée pour ses dessins à une peine qui caricature elle-même la justice. Nul ne doit être emprisonné pour son art ou son militantisme pacifique », avait souligné, en juin dernier, Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

 

Son procès n’a duré qu’une demi-journée sans autre « preuve » tangible que son interrogatoire qui aurait duré 58 jours à coup de 10 heures par jour selon Amnesty international. Arrêtée dans un premier temps en août 2014 puis relâchée en novembre, l’artiste avait d'ailleurs publié une vidéo sur Facebook pour dénoncer ces traitements. Elle est alors de nouveau arrêtée quelques semaines après la publication de ladite vidéo.

 

Sa peine risque désormais d'être rallongée pour avoir serré la main de son avocat Mohammad Moghimi, lors du visite en prison - un fait considéré comme « relation sexuelle illégitime » qui s’apparente à un adultère et « conduite indécente ».  Tous deux répondront de cela devant les tribunaux du pays. Une pétition pour libérer cette jeune artiste a été lancée.

 

À ce jour, plus de 11.000 signatures ont été réunies.


Pour approfondir

Editeur : Editions De La Boetie
Genre : histoire faits...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782368650035

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