Une "catastrophe sociale" pour Virgin

Clément Solym - 05.01.2013

Edition - Economie - virgin - cessation de paiement - Front de gauche


Le groupe Front de gauche avait déjà apporté son soutien aux salariés de Virgin, à l'occasion d'une grève impulsée le 29 décembre dernier. « La fermeture du magasin des Champs-Élysées serait un nouveau coup dur pour l'emploi dans la capitale, alors que le chômage atteint des sommets », écrivait alors Ian Brossat, président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris. 

 

 

Virgin

Leo Reynolds, (CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Outre son plein soutien aux salariés de la chaîne, il rappelait l'absurdité de fermer ce magasin, qui « compte 185 salariés, enregistre 4000 clients par jour et réalise 20% du chiffre d'affaire de l' entreprise. Il s'agit du "navire amiral" de Virgin ». Mais suite à l'annonce d'une mise en cessation de paiement pour le groupe, on passe de l'absurdité à la « catastrophe sociale », commente cette fois le mouvement politique. 

 

Ian Brossat le disait déjà une semaine plus tôt : le chômage atteint des sommets, et la fermeture des différentes boutiques - magasin des Champs-Élysées, de celui des Grands Boulevards, de celui de Saint-Lazare ou de celui de Barbès - tout cela serait véritablement catastrophique.  

 

Sur Paris, ce sont trois cents emplois qui seraient menacés directement, souligne le président du groupe. « Ces mutations ne sauraient masquer les propres responsabilités de Butler Capital Partners (...) dans la situation que rencontre actuellement l'entreprise », pointe-t-il, en rappelant à l'actionnaire principal du groupe que les regards sont désormais tournés vers lui. 

 

Le 28 décembre dernier, Ian Brossat avait également fait parvenir un courrier au ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Michel Sapin, pour l'alerter de cette situation. « L'enseigne compte, à l'heure actuelle, 27 magasins répartis sur le territoire national. En tout, dix seraient menacés de fermeture et la surface commerciale d'autres magasins serait réduite, selon le plain de la direction de l'entreprise. » (voir ci-dessous)

 

Le navire de Virgin, rue des Champs-Élysées, incarne toute l'entreprise et Ian Brossat interpellait le ministre pour lui demander ce qu'il allait mettre en place pour « maintenir tous les emplois menacés ».

 

De fait, l'enseigne a réalisé chiffre d'affaires, en 2011 de 286 millions €. Elle accuserait toutefois le coup de 22 millions € de dette et une perte de chiffre d'affaires de 34 millions € sur l'année 2012. Ce lundi, la cessation de paiement doit être présentée au Comité d'entreprise, alors que les syndicats ont d'ores et déjà assuré qu'ils s'y opposeraient, pour gagner un peu de temps. En effet, selon eux, aucun plan réel de redressement n'accompagnerait la cessation de paiement, pas plus que de stratégie pour l'emploi. 

 

En attendant, les professionnels s'inquiètent déjà des pertes pour le marché global, qu'impliquerait la fermeture du réseau Virgin. « Les acheteurs de certaines zones géographiques se reporteront sur internet, évidemment, et les autres GSS [NdR : grandes surfaces spécialisées] ne pourront pas récupérer la totalité de la clientèle. On assistera à une disparition des consommateurs, au profit du net, bien évidemment, et de celui dont on ne veut plus prononcer le nom », précisait un dirigeant de GSS hier à ActuaLitté.

 

Un préavis de grève a été déposé pour le 9 janvier, à l'initiative des différents syndicats.

 

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