Une copie des Mémoires d'outre-tombe bientôt au Trésor national ?

Julien Helmlinger - 25.11.2013

Edition - International - Mémoires d'outre-tombe - Chateaubriand - Manuscrit


Les Mémoires d'outre-tombe pourraient bien rejoindre prochainement le Trésor national, tandis qu'une copie manuscrite de l'ouvrage de Chateaubriand, écrite par des secrétaires, devrait être mise aux enchères à l'Hôtel des ventes Drouot, ce mardi. Signée de la main de l'écrivain en 1847, un an avant son décès, elle constituerait le seul exemplaire encore intégral connu du chef d'oeuvre. Une vente organisée par la maison Beaussant Lefèvre, mais qui d'après Toutelaculture.com aura rencontré quelques complications de procédure.

 

 

 

 

Ce 20 novembre, la Commission consultative des trésors nationaux a recommandé le classement dudit manuscrit comme Trésor national, classification qui empêcherait l'exportation de la copie hors du sol français en obligeant l'État à s'en porter acquéreur dans un délai de 30 mois. Il revient désormais à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti de suivre ou non la recommandation.

 

Le manuscrit comporte 3.514 pages reliées en dix volumes. Selon les termes d'un contrat d'édition signé en 1836, le notaire parisien maître Cahouët s'est vu remettre cette copie originale en 1847, l'une des trois prévues par l'accord et la seule demeurée aujourd'hui complète.

 

Selon l'estimation de l'étude Beaussant Lefèvre, assistée de l'expert Alain Nicolas, sa valeur se situerait entre 400.000 et 500.000 euros. Mais tandis que le document pourrait être considéré comme acte notarié, selon certains observateurs, ces derniers se sont demandé si le notaire se serait considéré comme propriétaire après la mort de l'écrivain ou s'il n'en serait resté que dépositaire.

 

Car dans ce dernier cas, ses héritiers ne seraient pas propriétaires ni en droit de le mettre en vente. Néanmoins plus personne ne semble avoir la preuve attestant de qui aurait transmis cette copie au notaire il y a plus d'un siècle et demi, et la propriété semble donc attribuée aux successeurs du notaire à défaut de preuve du contraire.

 

Maître Éric, Beaussant, interrogé par l'AFP, a expliqué : « Il provient du descendant du notaire parisien, Me Cahouët, qui a reçu ce manuscrit en dépôt en 1847 comme une sorte de copie témoin. Il ne s'agit pas d'une minute notariale, qui aurait dû dans ce cas revenir aux Archives nationales, mais d'un document privé. »

 

La Bibliothèque nationale de France n'a pas encore dévoilé ses intentions éventuelles quant à ce manuscrit. Mais si la vente est bel et bien maintenue, malgré le petit flou juridique, l'État pourrait s'en porter acquéreur en exerçant son droit de préemption ou le faire acquérir à un mécène qui pourrait déduire 90 % du prix.