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Une écrivaine néo-zélandaise bannie d'un site de vente après avoir critiqué une ministre

Gariépy Raphaël - 20.11.2020

Edition - Société - Nouvelle-Zélande Edition - Polémique société édition - auteur critique tatouage


L’auteure estimait qu’il était inapproprié que Nanaia Mahuta, la nouvelle ministre des Affaires étrangères, arbore le moko kauae, un tatouage facial traditionnel de la culture maorie. 

 

Mighty Ape, un important site web néo-zélandais, a retiré les livres d’Olivia Pierson, une auteure originaire du pays, après sa série de commentaires sur le physique de Nanaia Mahuta, première femme nommée au poste de ministre des Affaires étrangères et deuxième personne maorie de l’histoire à assumer cette fonction. 

Lundi dernier, l’écrivaine exprimait son mécontentent sur twitter, estimant que le tatouage que portait Mahuta était complètement inapproprié pour son rang : « Les tatouages faciaux, en particulier sur une femme diplomate, sont le comble de la woke culture, laids et non civilisés ! ». 
Le tatouage ne date pas d’hier puisque Mahuta arborait déjà son moko kauae au parlement en 2016. Ce tatouage facial sacré limité au menton et aux lèvres ne concerne traditionnellement que les femmes. La députée occupait depuis 2017 le ministère du Développement maori et des Autorités locales avant d’être récemment nommée aux affaires étrangères. 

« Mon Moko est une déclaration d’identité, comme un passeport », déclarait Mahuta dans une interview donnée au Guardian en 2016, « Je pense qu’il y a une prise de conscience émergente sur la revitalisation de la culture maorie et que le moko facial en est un aspect positif. Nous devons nous éloigner du fait que les moko sont liés aux gangs, car ce n’est pas du tout ce qu’ils représentent ».

Les commentaires de Pierson ont été rapidement supprimés, de nombreux utilisateurs du Twitter néo-zélandais critiquant la prise de parole de l’auteure. L’écrivaine se présente sur son site comme une farouche partisane de la liberté d’expression et ses partisans dénoncent la décision de Mighty Ape, qu’ils perçoivent un exemple de « cancel culture ». 

Via The Guardian 

Crédit photo : New Zealand Labour Party - Hon Nanaia Mahuta


Commentaires
Tybalt (21 de 2 !),

Le minimum d'éthique d'Amazon, c'est comme le monstre du Loch Ness !

Dont on a tant parlé durant des décennies sans le voir...

Demandez aux esclaves qui travaillent comme des malades dans leurs entrepôts s'ils sont enchantés de cette belle éthique !

Sans compter les contributions faramineuses que constituent les impôts que cette multinationale totalitaire condescend à payer !

Et non les consommateurs qui détestent tel livre ou tel produit n'empêcheront jamais Amazon de le vendre.

Mais de quel droit au fait ?

Amazon ne vend pas ce qui est vraiment illégal, je suppose.

Pour le reste...

Je crois que vous rêvez mais c'est votre droit...

Et ce qui est l'éthique de l'un s'oppose aux convictions d'un autre, n'oubliez pas cela.

Je ne cautionne pas la prétention à moraliser l'espace commercial et culturel plutôt que d'avoir la culture du débat et de la responsabilité du choix de la clientèle.

Mais tant que d'autres sites ne prétendent pas dire le bien et vendre du haut d'une chaire de vérité édifiée par eux-mêmes, on les laissera en profiter des restrictions que peuvent apporter des «moralistes».



La «cancel culture» a le vent en poupe et je ne crois pas qu'il faille attendre qu'elle soit entrée dans nos moeurs pour commencer à s'en inquiéter et la combattre.







Le cheval de Troie est une allégorie parfaitement pertinente ici...

On passe de l'apparemment anodin aux abus de pires en pires.

Non, la liberté, cela se défend.

Elle n'est pas acquise une fois pour toutes, contrairement à ce que l'on a pu croire à tort en des temps plus fastes et plus insouciants !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Tybalt,

La presse néo-zélandaise (je viens de consulter quelques organes de presse pour en savoir plus) dévoile qu'un twittos, comme on dit, a demandé à Mighty Ape de ne plus vendre le livre de Pierson.

Cette dernière a répondu qu'elle ne savait pas que ce site le vendait (avant le retrait effectif -ai vérifié, c'est exact) et qu'en conséquence cela ne l'affecte pas trop.

Mais ne plus vendre un ouvrage -que l'on peut certes désapprouver-sur recommandation d'un client (je suppose qu'il s'agissait d'un client ? Ou non mais peu importe), c'est bel et bien une démarche de «cancel culture».

Qui ne s'applique pas à d'autres ouvrages en vente sur ce site Mighty Ape: «Mein Kampf» ou des livres de...Goebbels, ou encore Oswald Mosley,le fondateur de la British Union of Fascists en 1932 puis du National Party of England après la guerre.

Goebbels et Hitler furent ses témoins de mariage !

Mighty Ape est accusé d'hypocrisie par certains...!

S'en étonner serait assez absurde...

Tartufferie quand tu nous tiens !

NON à toute «cancel culture» d'où qu'elle émane -j'insiste fort sur ce point avant que des laborantins malveillants ne me collent au front des étiquettes mensongères qui n'y resteront pas - et oui aux débats.

CHRISTIAN NAUWELAERS
Une pièce importante au débat sur la «cancel culture» (que l'on devrait commencer par ne pas nier, même si on refuse parfois de la reconnaître lorsqu'elle est bel et bien appliquée).

Source: rubrique «On ne peut plus rien dire» (Olivier Lamm) dans LibéCULTURE du 19 novembre 2020.

La romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, icône progressiste pourtant...et tant mieux, et bravo,bravissimo Madame, ne mâche pas ses mots.

Voilà pour celles et ceux qui n'avaient pas lu cela, ci-dessous, entre guillemets.



«Cas d’école métaphysique qui permet d’intégrer l’inénarrable débat de très longue date autour de la possibilité d’une intégrité absolue de l’être humain, et qui est relancé avec tambours et trompettes depuis que la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, icône progressiste très populaire depuis le succès d’Americanah, dont la voix puissamment articulée a porté jusque dans une chanson de Beyoncé (Flawless, en 2014), a pris la défense dans une interview au Guardian parue dimanche de J.K. Rowling – mère de Harry Potter devenue emblème haïe des TERF (féministe transophobes) et conséquemment «annulée» par une génération de lecteurs qui pensaient avoir appris la tolérance dans ses livres. Défendant non seulement J.K. Rowling elle-même mais le fameux article qui lui a valu de devenir vox non grata chez les progressistes, Ngozi Adichie va plus loin en accusant les Etats-Unis d’exporter partout dans le monde «le pire de la censure et de l’autocensure (...). Il faut désormais faire très attention: si vous dites un mot de travers, vous devrez être crucifié en un instant.»

CHRISTIAN NAUWELAERS (repris ci-dessus de la chronique d'OLIVIER LAMM)
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