Une enquête pour apologie du terrorisme vise Éric Zemmour

Clément Solym - 08.10.2016

Edition - Justice - Eric Zemmour Justice - djihadistes attentats Daech - polémique chronique auteur


Il n’aura pas fallu bien longtemps pour qu’Éric Zemmour attire de nouveau l’attention de la justice. Dans un entretien accordé à Causeur, il évoque les attentats, les djihadistes, l'islam... mais pas forcément dans le bon sens. Bilan, enquête pour apologie du terrorisme.

 

 

 

Dans ses propos, toujours aussi radicaux, tranchés, le chroniqueur de RTL et auteur aux éditions Albin Michel, ne fait pas dans la dentelle. « Dans l’histoire, l’islam a conquis et soumis des populations, mais ne s’est jamais assimilé », peut-on lire, en guise d’amuse-bouche. Mais ce n’est que pour se mettre en jambe, la suite est plus croquignolesque.

 

Les propos ont fusé sur les réseaux, photographiés, parfois même soulignés par les internautes, scandalisés. 

 

 

 

« Moi je prends l’islam au sérieux, je ne le méprise pas ! Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou de fous. Au sommet, il y a des théologiens qui appliquent exactement leur idéologie coranique et légitiment tous leurs actes par des sourates ou des actes du Prophète. Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables. »

 

C’est ensuite l’attentat de Nice qui est passé en revue, avec une analyse toujours aussi zemmourrienne. Et à la seule lecture de ces propos, Pierre Laurent, président du Partie de la gauche européenne et ancien directeur de la rédaction de L’Humanité, dénonçait déjà un comportement et une attitude qui tentait « de légitimer des idéologies qui pourraient aller jusqu’au crime ».

 

 

 

Mourir pour des idées, d’accord, chantait Brassens, mais de mort lente, plus certainement. Et les propos de Zemmour toujours à la lisière du supportable, on déclenché la réaction que l’on sait : Maître Samia Maktouf, avocate de famille de victimes d’attentats, ainsi que SOS Racisme et la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC), se sont tournés vers le procureur de la République. 

 

Une enquête préliminaire pour apologie du terrorisme a été ouverte, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire (PJ) de Paris. 

 

Contactée par ActuaLitté, la maison Albin Michel n’a pas répondu à nos questions. Le malaise est d’autant plus évident que la semaine passée, une publicité diffusée dans un média avait provoqué un certain malaise. « L’ennemi public n° 1... est n° 1 des ventes », affirmait la page de pub. 

 

Cependant, la Société des journalistes de la rédaction de RTL – où Zemmour sévir aussi – a clairement condamné les propos. « La SDJ de RTL estime de son devoir de faire savoir aux auditeurs de la radio et à l’opinion son aversion pour des propos qui, à ses yeux, portent atteinte à la mémoire des victimes du terrorisme et à la douleur des familles. »

 

Reste à savoir si, comme i>Télé fin 2014, la station de radio mettra également fin à sa collaboration avec son chroniqueur. À l’époque, c’est une autre polémique qu’Éric Zemmour avait déclenchée qui avait conduit la chaîne à se séparer de lui.