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Une faille sismique dans les archives publiques de Haïti

Julien Helmlinger - 12.12.2013

Edition - International - Haïti - Archives publiques - Séisme


Le directeur général des Archives nationales haïtiennes, Jean-Wilfrid Bertrand, a donné l'alerte ce mercredi à l'occasion de la semaine internationale des archives francophones qui se tient jusqu'au 13 décembre dans le pays des Grandes Antilles, rapporte l'AFP. Tandis qu'un séisme a ravagé la contrée en janvier 2010, les soixante dernières années d'archives publiques d'Haïti seraient endommagées voire perdues en grande partie.

 

 

Jean-Wilfrid Bertrand

 

 

Comme le confie le directeur général, après le séisme, « il n'y a pas eu d'inventaire, on ne peut pas savoir ce qu'on a perdu, mais je peux dire qu'il y a eu des pertes énormes ». La catastrophe naturelle aura non seulement provoqué la mort de plus de 200.000 personnes, mais aussi détruit les principaux bâtiments publics, Archives nationales comprises. L'une des plus anciennes institutions du pays, fondée le 20 août 1860.

 

Tandis que de nombreux ministères et le palais présidentiel ont été complètement rasés, Jean-Wilfrid Bertrand explique : « Plus de 60 ans d'archives sont hors de contrôle. Avec le séisme, la situation s'est aggravée : il faut sauver les 60 années d'archives contemporaines d'Haïti. »

 

Au rang des documents manquant à l'appel se trouvent notamment les registres de l'état civil ainsi que les documents administratifs délivrés par la présidence, les ministères, le parlement ou encore les départements et municipalités. Pour le vice-président de l'Association des archivistes francophones, Hervé Lemoine, les mauvaises conditions dans lesquelles les documents publics haïtiens étaient conservés sont également à déplorer.

 

Selon lui : « Il y a un double danger sur les archives haïtiennes: il n'y avait pas de versements systématiques des archives produites par tous les ministères aux archives nationales, et les conditions de conservation sont catastrophiques. »

 

Malgré le fait que l'Association ait envoyé des techniciens en urgence sur les lieux pour aider les Archives nationales à reconstruire le système, la tâche n'est pas aisée. Lemoine estime : « Aujourd'hui, le premier conseil qu'on donne, c'est d'organiser des missions au sein de chaque ministère de façon à s'assurer que le transfert des archives se fait à flux continu. »


Concernant la Semaine internationale des archives francophones, le technicien français précise : « C'était important que cette rencontre ait lieu cette année en Haïti parce que le gouvernement a souhaité intégrer la gestion de l'information et des archives dans les éléments de modernisation de l'action publique. »