Une fillette fait changer d'avis un éditeur sur les livres sexistes

Antoine Oury - 28.04.2015

Edition - Société - sexisme stéréotypes - filles garçons - éditeur Scholastic


Les stéréotypes hommes/femmes et garçons/filles ont la peau dure, et l'industrie de la littérature en sait quelque chose. Des livres présentant des chevaliers, des pirates ou des astronautes pour les petits bonshommes, et des princesses, des cœurs et des licornes pour les petites filles. L'une d'entre elles a pris l'éditeur américain Scholastic, qui a notamment publié Harry Potter, en flagrant délit de stéréotypes.


Le type de stéréotypes véhiculé par des livres Scholastic 

 

 

Els, 8 ans, veut devenir paléontologue. Mais c'est un livre sur les pirates qui a attiré son attention et l'a poussé à réagir : elle avait découvert le titre dans le catalogue de l'éditeur américain Scholastic, et s'empressait de le découvrir. Mais elle remarque rapidement une mention, à côté de l'ouvrage : « Pour les garçons. »

 

« Les filles n'aimeront peut-être pas ce qui est indiqué “Pour les filles”. Elles pourront préférer un livre de monstres présenté comme “Pour les garçons”. Les livres devraient être pour tout le monde, et nous aimons tous toutes sortes de choses. Si l'on fait comprendre à une jeune fille qu'elle ne peut pas lire un livre, elle pourrait se sentir seule, une fois adulte, et penser que toutes les autres filles aiment ce qu'elle n'aime pas — les princesses belles et roses », explique Els.

 

La mère de la petite fille lui a conseillé d'inscrire ses revendications dans une pétition, ensuite signée par 80 de ses camarades. « Scholastic vient dans nos écoles, et tout le monde est très content. Ils dépensent beaucoup d'argent, et je pense que Scholastic devrait être plus responsable », ajoute Els.

 

La vérité sort de la bouche des enfants, et Scholastic a remarqué la pétition — avec l'aide des militants de la campagne Let Toys Be Toys, pour la disparition des stéréotypes qui ciblent la jeunesse — et annonce un virage dans sa politique éditoriale. Et pas qu'un peu : le site web va être entièrement repensé, pour se débarrasser des étiquettes, les ouvrages ne seront plus ciblés pour un sexe particulier, et les livres encore exploités seront dotés de couvertures inédites, moins « genrées ».

 

(via The Independent)