Une grande enquête sur les correcteurs et leurs conditions d’exercice

Antoine Oury - 03.03.2020

Edition - Société - enquete correcteurs - ACLF correcteurs - association correcteurs


L’Association des correcteurs de langue française (ACLF), association professionnelle créée en 2018, se lance en cette année 2020 dans une grande enquête pour mieux connaitre les correctrices et les correcteurs. « Profession : correcteur », d'ampleur nationale, permettra de mieux cerner les conditions d'exercice de la profession, pour mieux structurer cette dernière.

Correction
(photo d'illustration, Quinn Dombrowski, CC BY-SA 2.0)


« Isolés, souvent invisibles, les correcteurs n’ont jamais été précisément recensés en France », souligne l'ACLF, qui signale que seule l’agence régionale du livre Provence-Alpes-Côte d’Azur a mené, en 2014, une enquête de ce type à l’échelle régionale

« Ce manque s’explique en partie par la difficulté à appréhender cette profession : salariés à domicile pour l’édition, les correcteurs sont comptés deux fois lorsqu’il leur arrive de travailler pour deux maisons différentes ; pigistes pour la presse, ils sont assimilés à des journalistes ; indépendants, ils se fondent dans le lot des “professionnels de l’écrit” (avec les rédacteurs, biographes, formateurs en orthographe, etc.)… quand ils ne sont pas, comme cela arrive encore parfois, payés en droits d’auteur et donc assimilés à cette autre catégorie des travailleurs du texte », souligne la profession.

Des situations différentes qui n'ont pas manqué d'alimenter les prud'hommes en dossiers à traiter, par ailleurs, quand des maisons d'édition abusent un peu trop d'un statut précaire...

L’association entend mieux connaître et faire connaître la profession en identifiant « les professionnels, leur profil, leurs compétences et leurs besoins, mieux cerner les conditions dans lesquelles ils exercent leur activité, et ainsi contribuer à la structuration de la profession et au renforcement des liens avec les autres acteurs de la chaîne de l’écrit ».


Accessible depuis le 2 mars, le questionnaire de l'ACLF pourra être rempli uniquement en ligne, jusqu'en juin 2020, avant une restitution à l'automne 2020. Il est destiné à tous les correcteurs, quel que soit leur statut, quel que soit le domaine dans lequel ils exercent, et aborde la formation et le parcours, l’activité, le statut, les pratiques collectives, les besoins et les attentes.


Commentaires
Correcteur indépendant, j'ai participé à la séance de constitution de l'A.C.L.F. en 2018. Je n'ai pas adhéré car l'orientation était plus tournée vers la défense de quelques centaines de salariés de l'édition parisienne que vers la promotion d'un métier qui doit totalement se réinventer.

Comme je l'avais annoncé, l'association n'a malheureusement organisé que quelques réunions parisiennes de convivialité en deux ans et les vrais indépendants sont les parents pauvres de la démarche : aucun site digne de ce nom, aucune prise de position sur des aspects "métier", aucune démarche institutionnelle, aucune prise en compte de suggestions innovantes.

C'est dommage. Il y a place pour autre chose, mais autour de ce que nos amis québécois appellent la "révision", concept plus large que celui de correction. Chez eux le métier a vraiment de l'allure, de la formation à la rémunération…
Cher Chambaron,



Comme vous ne comptez pas parmi ses adhérents, peut-être ignorez-vous certaines des actions menées par l’ACLF.



Permettez-nous de vous apprendre que, en deux ans :

– l’association a organisé des rencontres à Paris, mais aussi ailleurs : à Aix-en-Provence et à Lyon, d’autres villes étant au programme ;

– elle a transmis de nombreuses offres de mission à ses adhérents ;

– elle a réalisé une enquête interne portant sur le statut et la rémunération de ceux-ci ;

– elle est allée à la rencontre de diverses institutions – des structures régionales du livre au ministère de la Culture en passant par des associations amies ;

– elle a mis en ligne un site Internet qui va s’enrichir, afin de permettre notamment les échanges entre correcteurs grâce à un forum, la mise en relation avec des donneurs d’ouvrage grâce à un annuaire ;

– elle a élaboré une enquête nationale ambitieuse, adressée à tous les correcteurs, indépendants comme salariés, et construite grâce à un travail mené en concertation avec différentes institutions parmi celles précitées. Pour faire reconnaître la profession, nous pensons en effet qu’il faut commencer par connaître celles et ceux qui l’exercent.



Et ce n’est que le début ! L’association canadienne que vous citez ne s’est pas faite en un jour, ni en deux ans.



Bien confraternellement,



Le conseil d’administration de l’ACLF, constitué de correcteurs salariés et indépendants, parisiens ou non
Chères et chers membres de l'ACLF,

Merci tout d'abord pour le soin pris à répondre.

J'ai toujours souhaité que la profession s'organise et tant mieux si vous avez pu lancer des actions en ce sens. Mais ni votre site (toujours en chantier) ni votre compte Facebook ne s'en faisaient vraiment l'écho depuis deux ans. Cela a l'air de changer, bravo.

J'espère que vous pourrez retirer de l'enquête matière à faire évoluer les supports pertinents aux correctrices et correcteurs, notamment aux indépendant(e)s avec une grande variété de clients : ils ont des attentes assez différentes des salariés.

Dans tous les cas, bonne chance dans vos démarches !

Bien confraternellement,
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