Une histoire visuelle des bibliothèques publiques aux États-Unis

Antoine Oury - 27.02.2019

Edition - Bibliothèques - bibliotheque etats unis - bibliotheques histoire - Ariel Aberg-Riger infographie


Ariel Aberg-Riger, infographiste, a réalisé pour le site CityLab, qui s'intéresse aux questions liées à l'environnement, au design et à la mobilité, une infographie visuelle au long cours qui retrace l'histoire des bibliothèques publiques aux États-Unis. L'occasion de suivre un cours d'histoire sans s'en rendre compte, et de découvrir l'importance sociale des bibliothèques.

Greenville Public Library, [mobile library service]
(State Library Victoria Collections, CC BY-NC 2.0)


C'est une petite merveille de visualisation de l'information qui vous attend sur le site CityLab : Ariel Aberg-Riger a en effet signé une longue infographie, très documentée, pour retracer l'histoire des bibliothèques publiques aux États-Unis. Partant du constat que quelque 16.500 bibliothèques publiques irriguent le territoire américain en lectures, elle s'est interrogée sur leurs origines et fonctions.

« Les bibliothèques publiques font partie des derniers lieux publics gratuits qui répondent de manière ouverte aux besoins des jeunes enfants, des adolescents, des personnes âgées, des jeunes parents, des étudiants et des personnes sans abri », remarque Aberg-Riger. 65 % des Américains auraient d'ailleurs confirmé que ces établissements les avaient aidés à progresser « en tant qu'individu ».
 
Information et éducation, voilà bien deux éléments qui sont longtemps restés inaccessibles à une majorité : les livres sont arrivés aux États-Unis en même temps que les colons, mais ont été cantonnés à ces mêmes bénéficiaires et lecteurs. Dans les années 1700, ces colons blancs, souvent riches, ont commencé à se retrouver entre eux pour évoquer leurs lectures et les idées s'y attachant, s'éduquant ainsi par l'émulation.

L'un de ces plus anciens clubs de lecture fut celui de Benjamin Franklin lui-même, nommé The Library Company. Ceux qui souhaitaient y participer devaient s'acquitter d'une adhésion, puis verser un montant annuel qui était investi dans l'achat de livres. Évidemment, le cercle des adhérents était restreint, et n'accueillait pas dans ses rangs les femmes, les Noirs, ni les classes laborieuses.
 

L'émancipation par les livres


Au XIXe siècle, toutefois, ces individus écartés des clubs traditionnels commencèrent eux aussi à former leurs cercles : les « Black Clubs » font leur apparition au début des années 1800, suivis par les clubs féminins. Ces derniers deviennent un véritable lobby qui milite pour l'éducation des jeunes, le droit de vote et l'accès aux livres, bien sûr. En 1896, un des premiers clubs de lecture pour les femmes noires est d'ailleurs créé.



 

Ce sont ces clubs féminins qui sont devenus des forces motrices pour l'accès plus large aux livres et pour le concept de bibliothèque publique. Les bibliothèques mobiles, montées sur roues et tirées par des chevaux, permettent à un public éloigné du livre d'y accéder, notamment dans les zones rurales. 

La bascule entre XIXe et XXe siècles voit l'émergence des bibliothèques publiques en tant qu'établissements, notamment grâce à l'impulsion et au soutien financier d'Andrew Carnegie, qui donna 60 millions $, soit 1,8 milliard $ aujourd'hui, pour financer 1687 bibliothèques entre 1883 et 1929. L'idée d'une bibliothèque accessible à tous n'empêche toutefois pas la ségrégation : les Afro-Américains sont obligés de se rendre dans leurs propres établissements, que les dons de Carnegie ont pu financer malgré tout.


« Si un serpent venimeux se mord, il meurt ? » et autres
questions bizarres aux bibliothécaires


Les femmes, de nouveau, furent les principales chevilles ouvrières de l'administration des bibliothèques publiques, avant que des lois et des financements locaux ne viennent en réguler le fonctionnement. Aujourd'hui, aux États-Unis comme ailleurs, les bibliothèques ne sont plus simplement des points d'accès à la lecture, mais des endroits où exercer sa curiosité et sa citoyenneté. 




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